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Le Canadien qui se fiche des Québécois

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Je ne mentirai pas, je n’ai pas une grande passion pour le hockey.

Mon histoire personnelle avec ce sport s’est arrêtée à l’époque de Bobby Smith, Larry Robinson, Patrick Roy, Claude Lemieux et Stéphane Richer. 

Quand l’envie de m’y plonger me reprend, tous les deux ans, j’écoute en rafales les trois premières saisons de Lance et compte

J’aime l’idée d’une équipe québécoise qui se fait engueuler en français dans le vestiaire par Jacques Mercier pour ensuite remporter la coupe Stanley.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

National

J’aime que le National reste à Québec parce que les Québécois se battent pour le conserver quand on veut le leur voler pour l’amener à l’étranger, au Canada. 

J’aime la science-fiction, vous me direz. 

Ce qui m’amène au dernier repêchage de la LNH, où le Canadien n’a même pas été foutu de repêcher un Québécois. 

Je ne connais pas bien le sport, mais je connais la valeur des symboles. 

Et ici, le symbole est très clair. Le Canadien, que les Québécois prennent pour leur équipe nationale, se fiche de s’enraciner dans le pays qui le fait vivre. 

Les dirigeants de l’équipe ne la voient désormais qu’à la manière d’une franchise parmi d’autres dans l’industrie sportive. Ils se trouvent toujours une raison pour s’en contreficher, et font passer ceux qui ont une préoccupation identitaire pour des ringards. 

Les Canadiens portent l’ancien nom du peuple québécois. Car autrefois, nous étions les Canadiens, alors que les Canadiens anglais étaient des Anglais. 

Identité

Le Canadien nous rappelle notre histoire, quand nos seules victoires possibles étaient sportives, quand la coupe Stanley était notre exutoire. 

Les Québécois investissent une part de leur identité dans le Canadien. Il serait bien que ses dirigeants se rappellent que le Québec n’est pas qu’un marché, mais un pays, et qu’il ne devrait pas être mal vu de tendre la main, de temps en temps, aux Québécois.