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L’entreprise CAE rêve d’un avion électrique

Pipistrel Velis Electro
Photo courtoisie En juin, l’avion Velis Electro du constructeur slovène Pipistrel est devenu le tout premier appareil électrique à être certifié.

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CAE lance un beau défi à l’industrie aéronautique québécoise : développer un avion électrique qu’elle pourrait intégrer à sa flotte... d’ici cinq ans.

Le PDG du fabricant montréalais de simulateurs de vols, Marc Parent, « a ça sur son radar depuis longtemps », raconte au Journal la vice-présidente aux affaires publiques, Hélène Gagnon.

Hélène Gagnon.
Vice-présidente
CAE
Photo courtosie
Hélène Gagnon. Vice-présidente CAE

« Son ambition, c’est que d’ici cinq ans, on soit capables de remplacer au moins la moitié de notre flotte par des avions électriques ou hybrides », précise Mme Gagnon.

CAE est propriétaire de plus de 200 avions, principalement de petits appareils Piper et Diamond, dont certains sont motorisés par Rotax, une filiale de Bombardier Produits récréatifs (BRP). Ils servent à former des pilotes dans les écoles de pilotage de l’entreprise, réparties partout dans le monde.

« Ce n’est pas juste théorique »

« On veut vraiment, de façon très sérieuse, travailler là-dessus avec l’industrie, parce qu’on veut être un client, on veut les utiliser. Ce n’est pas juste théorique. »

Juste avant l’apparition de la pandémie, le vice-président à la technologie et à l’innovation chez CAE, Marc St-Hilaire, avait commencé à rencontrer des représentants d’autres entreprises aéronautiques mondiales à ce sujet. 

« On parle beaucoup d’électrification des transports, de voitures, de trains, d’autobus, de camions, mais on ne parle pas assez des avions électriques, affirme Hélène Gagnon. Je pense que les gens voient ça comme étant trop loin. Ce qu’on essaie de dire, c’est qu’au contraire, ça peut être beaucoup plus proche qu’on le pense, du moins pour les petits appareils. »

Fitzgibbon sollicité

Cette semaine, des membres du conseil d’administration d’Aéro Montréal ont abordé la question avec le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. À son cabinet, on n’a pas voulu commenter. 

Hélène Gagnon assure que l’intérêt de CAE pour l’avion électrique n’est pas relié au fait qu’elle est membre du conseil d’Hydro-Québec. La société d’État travaille depuis de nombreuses années à l’électrification des transports et aux technologies de batterie.

Il est également intéressant de noter que le nouveau PDG de Bombardier, Éric Martel, a dirigé Hydro-Québec pendant près de cinq ans. 

« Il y a tout ce qu’il faut au Québec » pour développer l’avion électrique, a déclaré hier un porte-parole de l’avionneur, Olivier Marcil, sans donner plus de détails.

Moins de pollution, moins de bruit

En fait, CAE jette son dévolu sur l’avion électrique dans le but de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 

Depuis cet été, l’entreprise est devenue « carboneutre » en compensant toutes ses émissions. Or, sa flotte d’avions est l’une des principales sources de ces substances polluantes.

« C’est bon pour l’environnement en plus de nous permettre de diminuer nos coûts d’exploitation et de réduire le bruit, ce qui n’est pas négligeable pour les communautés où on est présents », note Mme Gagnon.

En juin, l’avion électrique Velis Electro du constructeur slovène Pipistrel est devenu le tout premier du genre dans le monde à recevoir une certification gouvernementale.

Quelques jours plus tôt, le plus grand avion électrique du monde, un Cessna Grand Caravan modifié par la firme américaine magniX, avait effectué son premier vol.

« Ce vol de 30 minutes nous a coûté 6 $ [US] en électricité comparativement à 300 à 400 $ en carburant », a confié le PDG de magniX, Roei Ganzarski à la publication spécialisée Skies.