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Ma vie en films: Nicolas Girard Deltruc et «la force philosophique du cinéma»

Ma vie en films: Nicolas Girard Deltruc et «la force philosophique du cinéma»
Joël Lemay / Agence QMI

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Le directeur du Festival du nouveau cinéma (FNC) et son équipe ont eu à relever des défis de taille pour l’édition 2020 qui se déroule jusqu’au 30 octobre. Nicolas Girard Deltruc dresse des constats sur les derniers mois tout en partageant sa passion du septième art. 

«Ce que je trouve intéressant, c’est l’obligation qu’on a de se remettre en question et d’essayer de voir les choses d’un autre point de vue», dit-il avec optimisme de la situation actuelle.

Le défi du FNC cette année a été de parvenir à trouver une solution pour maintenir, dans le respect des mesures sanitaires, les activités prévues. C’est ainsi qu’est née l’idée de projeter le film d’ouverture, «Souterrain» de Sophie Dupuis, sur un stationnement de YUL Aéroport international Montréal-Trudeau, transformé en ciné-parc.

«On va peut-être opérer un cycle mensuel de films qui n’ont pas de distributeur ici, ajoute-t-il. Dans l’urgence et dans le contexte, on se retrouve à devoir avancer en prenant un peu plus de risques. Mais ça fait progresser les choses.»

Nicolas, quel est votre premier souvenir d'une salle de cinéma?

Mon tout premier film, mon tout premier souvenir, date de quand je devais avoir 4 ou 5 ans. Je suis allé voir «Rox et Rouky» sur grand écran. Je ne l’ai vu qu’une seule fois et je n’ai pas été capable de le revoir tellement ça m’a bouleversé. J’ai été tellement triste! À l’époque, les films de Disney étaient super tristes et déprimants!

Votre premier film marquant?

Mon premier film marquant date de l’époque où j’ai vraiment commencé à m’intéresser au cinéma. Les deux réalisateurs qui ont été une grande découverte pour moi sont Alain Resnais et Ingmar Bergman. Dans le cas de Resnais, ç'a été «Mon oncle d’Amérique». C’est là que j’ai compris la force philosophique du cinéma, la question de l’introspection. Je viens d’une famille qui a travaillé en psychiatrie et ça m’a toujours passionné puisque j’ai grandi dedans. Même aujourd’hui, j’arrive quasiment à dresser un portrait psychologique et même psychiatrique d’un réalisateur quand son œuvre est trop personnelle. Quand on regarde les films de Nicolas Winding Refn, on voit qu’il a des problèmes avec sa mère et dans les thématiques qu’il aborde, on se dit que s’il n’avait pas fait de cinéma, il serait un tueur en série.

Un film qui vous a traumatisé, enfant?

C’est mémorable et je ne sais plus quand exactement. Je pense que c’est lorsque mes parents ont acheté leur premier VHS et ont loué «L’homme éléphant». Je me souviens très bien d’avoir mis la cassette et je n’ai pas pu en regarder plus de 10 minutes. À ce jour, je n’ai jamais été capable de revoir «L’homme éléphant». J’ai un blocage.

Qui a été votre premier «kick» au grand écran?

C’est Liv Ullmann! Et j’ai eu la chance de la rencontrer à Cannes!

La trame sonore de votre adolescence?

Ce sont celles de films restaurés. La version restaurée de «Métropolis» avec la musique de Giorgio Moroder. Je suis un grand fan de musique électro mélodieuse et orchestrale, et l’un des rares films que je peux passer sans cesse est la version restaurée de «L'Homme à la caméra» de Dziga Vertov avec la musique de Cinematic Orchestra. C’est d’une délicatesse... la musique a été pensée à la seconde près de chaque image.