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Les plaisanciers chassés de la marina de Lachine

La Ville de Montréal souhaite transformer le lieu en parc riverain

GEN-Portrait de Josée Côté près de l'APPPL qui est très déçue de la décision de la ville pour le réaménagement de la marina de Lachine
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Josée Côté, de l’association des plaisanciers, avec son conjoint Louis et leurs enfants Éloïse et Emmanuel.

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Les propriétaires des bateaux amarrés à la plus importante marina du Québec, à Lachine, se tournent vers les tribunaux pour tenter d’empêcher sa fermeture. 

« On a le sentiment d’être victimes d’injustice, d’être devenus des indésirables. Au même moment où la mairesse Plante nous encourage à revenir au centre-ville pour relancer l’économie, on nous annonce qu’on doit quitter », laissent tomber Dominic Blanchette et Marie-Josée Hamel, un couple de plaisanciers qui a jeté l’ancre à la marina de Lachine il y a sept ans.

Avec leurs trois enfants, ils profitent des derniers instants dans leur « chalet sur l’eau ».  

Le port de plaisance de Lachine, presque centenaire, fermera le 15 octobre. 

L’administration de Valérie Plante a annoncé le 8 juillet la transformation de la pointe de la marina en parc riverain « sans préavis, ni consultation publique, ni compromis » dénonce la présidente de l’Association des plaisanciers du Port de plaisance de Lachine (APPPL), Josée Côté. 

« On aurait aimé que la mairesse fasse une consultation publique avant de fermer. C’est la moindre des choses dans une saine démocratie », dit-elle.

Une demande d’injonction contre la Ville de Montréal a été déposée vendredi par l’APPPL à la Cour supérieure du Québec. 

Les plaisanciers exhortent l’administration municipale et la mairesse de l'arrondissement, Maja Vodanovic, à se rétracter.  

Un parc en 2025

Le projet de parc municipal, dont le coût des travaux a été évalué à près de 20 millions $, devrait être inauguré en 2025. 

« Nous comprenons la déception de certains usagers du port de plaisance [...] Dans le contexte actuel, les intérêts de l’ensemble des Montréalaises et Montréalais ont été retenus plutôt que ceux de certaines personnes », a affirmé au Journal le cabinet de la mairesse Plante. 

La Ville indique qu’il s’agit d’une action concrète s’inscrivant dans sa stratégie de lutte et d'adaptation aux changements climatiques. 

« Les gens vont devoir se déplacer encore plus loin avec leur voiture pour se rendre à leur bateau. Ça va à l’encontre des arguments environnementaux de la Ville », dénonce Marie-Josée Hamel.

« Faussetés »

« La Ville nous dit que les opérations de la marina ne sont pas rentables, qu’on a connu des faillites et que les rénovations des installations coûteraient trop cher », résume la présidente de l’APPPL, qui n’hésite pas à qualifier ces arguments de « fausses informations ». 

« La marina affiche un surplus d’environ 100 000 $ par année depuis cinq ans selon les chiffres divulgués par la Ville, poursuit Mme Côté. Et elle génère des retombées économiques de 10 millions $ par année pour les commerçants. »

« C’est une autre affaire qui nous chiffonne énormément : plus on creuse, plus on constate que ce sont des faussetés qui sont propagées par la Ville. Elle voulait bâtir un cas pour avoir son parc, un point c’est tout », croit quant à lui Guy Carignan, 68 ans, plaisancier de la marina depuis 10 ans. 

L’administration Plante estime le coût de la mise à niveau « nécessaire » de la marina à 16,5 millions $. 

Une étude réalisée par l’APPPL évalue toutefois ce montant à 5,3 millions $, dont 3,1 millions consacrés à la restauration des berges.