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Un roman au troisième essai

Portrait de l'auteur Mathieu Rolland
Photo Ben Pelosse L'auteur Mathieu Rolland.

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Un premier roman et un « coming out littéraire » : voilà ce que représente Souvenir de Night pour Mathieu Rolland, cet auteur qui, à 31 ans, n’avait jamais avoué à son entourage écrire chaque jour depuis près de 15 ans. 

À l’exception de son amoureuse et de quelques amis très proches, Mathieu Rolland n’avait jamais révélé à quiconque qu’il écrivait. Un peu par manque de confiance, un peu aussi pour éviter de devoir répondre aux inévitables questions portant sur son travail et son progrès littéraire. 

« Souvenir de Night est mon troisième roman abouti, mais le premier à être publié, explique l’écrivain montréalais. Ces deux premières œuvres, bien que jamais publiées, m’ont permis de développer mon écriture et d’apprendre bien des choses, notamment ce que j’avais envie d’écrire et la manière dont j’avais envie d’écrire. »

<strong><em>Souvenir de Night</em><br>Mathieu Rolland</strong><br>Boréal,<br>170 pages
Photo courtoisie
Souvenir de Night
Mathieu Rolland

Boréal,
170 pages

Ses études en traduction, ses incursions dans le monde du court métrage et du cinéma, son travail actuel en publicité et sa grande passion pour la lecture ont tous contribué à former l’auteur qu’il est secrètement devenu.  

« C’est à force d’écrire et à force de me faire dire non que chaque fois je retournais à la table de travail, que j’essayais de voir ce qui ne fonctionnait pas et comment je pouvais améliorer les choses. »

Parler avec une autre voix

Souvenir of Night, c’est l’histoire d’une femme d’affaires prospère devant se rendre en Asie pour affaires, de sa rencontre avec un prostitué qu’elle surnommera Night et de la relation qu’elle développera avec lui. Une relation « très confrontante » qui la forcera à revisiter certains souvenirs d’enfance.

C’est aussi un récit écrit au « je » dans une langue singulière imaginée par l’auteur. « Il s’agit d’une langue un peu rompue dans son rythme. Je pense avoir essayé de trouver – peut-être dans la maladresse de ma propre langue – une sorte de moteur créatif. J’ai pris beaucoup de liberté par rapport à la syntaxe et à la ponctuation afin de construire la pensée de mon personnage. »

À travers cette langue que le personnage n’arrive pas à comprendre se pose – entre autres thèmes – celui de la difficulté à entrer en contact et à communiquer avec le monde. 

Si cette histoire rappelle l’œuvre de Marguerite Duras, l’auteur s’interdit toutefois de s’en proclamer l’héritier. 

« Marguerite Duras a été un moteur au début de l’écriture du roman et une influence assez nouvelle, dit-il. J’ai vécu un déclic lors d’une récente relecture de certains de ses romans et sa langue a éveillé quelque chose en moi. Cela m’a donné beaucoup de liberté dans l’élaboration de mon style d’écriture. 


Souvenir de Night est en librairie.