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Le lièvre d’Amérique: la métamorphose de Diane

Mireille Gagné
Photo d'archives, Jean-Francois Desgagnés Mireille Gagné

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Née à L’Isle-aux-Grues, la talentueuse et très imaginative Mireille Gagné a puisé dans ses souvenirs d’enfance pour écrire son nouveau roman, Le lièvre d’Amérique. Elle y raconte le parcours de Diane, une femme qui se fait implanter un gène de lièvre pour travailler plus et dormir moins. Toutefois, la « métamorphose » ne se passe pas comme prévu !

<b><i>Le lièvre d’Amérique</i></b><br/>
Mireille Gagné<br/>
Éditions La Peuplade<br/>
160 pages
Photo courtoisie
Le lièvre d’Amérique
Mireille Gagné
Éditions La Peuplade
160 pages

L’écrivaine explique qu’une crise de zona, l’an dernier, l’a obligée à ralentir le rythme. Elle s’est mise à lire sur les workaholics – les gens qui sont des bourreaux de travail. Ce fut le point de départ du roman.

« J’ai trouvé ça intéressant : il y a différents niveaux. Il y a les workaholics enthousiastes au travail, desquels je fais partie. J’ai beaucoup de plaisir à exécuter des tâches. Mais quand le plaisir s’en va et qu’on en a pris un peu trop, et qu’on n’a plus de plaisir à faire ce qu’on a à faire, on essaie de remplir un genre de trou qui ne s’emplit plus, parce que le plaisir n’y est plus. J’ai essayé de comprendre. Et c’est là que j’ai créé Diane. »

En faisant des recherches sur sa médication, elle est tombée sur des articles sur les animaux qui dorment le moins sur terre – dont le lièvre. « Je me suis dit, ça serait donc bien drôle si on pouvait modifier génétiquement un humain et lui intégrer un gène de lièvre ! Et si Diane recevait un gène pour dormir moins et travailler plus ? »

Ça tourne mal pour Diane. L’opération a des effets insoupçonnés... et affolants. Diane devient rousse en une nuit. Son odorat, sa vision, sa respiration ont changé. Les mâles commencent à la suivre d’un peu trop près. Que faire ?

 Eugène

En parallèle, Diane se remémore une rencontre marquante de sa jeunesse, à L’Isle-aux-Grues, avec un jeune homme fasciné par les animaux en voie d’extinction, Eugène. 

Certains éléments du roman, comme la disparition d’Eugène et l’étable en feu, sont tirés de l’histoire de L’Isle-aux-Grues. « Je me suis inspirée de certains trucs réels, mais je suis partie très tôt de l’île. Je n’ai pas eu d’histoires d’amour sur l’île. Eugène, c’est le nom de mon oncle, en fait, qui m’a parlé des vents, des marées. »

Son père, toute sa vie, a été guide de chasse sur l’Isle-aux-Oies. « Il était dépendant des marées. La nature a le contrôle, toi, tu ne fais que la subir. Il y a quelque chose de beau et de fort dans ce symbole et j’ai essayé de l’utiliser un peu dans le roman. »

Expressions savoureuses

Mireille Gagné a également intégré le vocabulaire et les expressions savoureuses de L’Isle-aux-Grues dans son livre, glissant des expressions comme « à la petite écore », « la dépouille de vent » et « la lune a les cornes en l’air ». Et toute son enfance, elle aussi a « couru le relais » : ramassé des trésors sur la grève.  


♦ Mireille Gagné est née à L’Isle-aux-Grues et vit à Québec.

♦ Elle a publié des livres de poésie et des nouvelles.