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Nombre record de conducteurs québécois arrêtés pour drogue au volant

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Les policiers ont arrêté un nombre jamais atteint de 1399 automobilistes pour avoir conduit alors que leurs facultés étaient affaiblies par la drogue, l’an dernier.

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C’est ce qu’a rapporté au Journal le ministère de la Sécurité publique après avoir colligé des données transmises par l’ensemble des corps policiers québécois.

Les 1399 conducteurs interceptés pour drogue au volant en 2019 étaient presque deux fois plus nombreux que tous ceux appréhendés à peine trois ans auparavant pour la même infraction criminelle, en 2016, soit 791.

Cette année-là, le Québec venait d’ailleurs au premier rang des provinces canadiennes à ce chapitre, devant l’Ontario où l’on dénombrait 625 arrestations.

Plus de policiers formés

L’avocate lavalloise Marie-Pier Boulet, une spécialiste des causes de conduite avec capacités affaiblies, confirme qu’elle et ses collègues ont eu un nombre « manifestement » plus élevé de clients inculpés pour drogue au volant depuis la légalisation du cannabis.

Mais « ce n’est pas parce qu’il y a plus de consommateurs » de pot que la police en a appréhendé davantage au volant de leur véhicule en 2019, d’après elle.

« La raison numéro un, c’est qu’il y a maintenant au Québec beaucoup plus de policiers ayant reçu la formation d’agents évaluateurs requise pour effectuer les tests de dépistage de drogue », a fait remarquer Me Boulet.

Elle rappelle que les policiers ne disposent pas d’appareils comme ceux utilisés pour mesurer le taux d’alcoolémie.

Cette méthode de dépistage en 12 étapes à laquelle doivent se soumettre les suspects – se tenir sur un pied pour tester l’équilibre, marcher sur une ligne droite, suivre un crayon du regard, etc. – n’est toutefois « pas simple » et peut comporter « une marge d’erreur importante », selon l’avocate.

« Si le policier ne respecte pas une seule des 12 étapes à suivre, tout le processus est faussé. Le mot d’ordre, c’est rigueur, rigueur, rigueur. Et on voit souvent des erreurs flagrantes des policiers », a expliqué celle qui dit n’avoir perdu qu’un seul procès sur la vingtaine où elle a défendu des accusés pour un tel crime.

Marie-Pier Boulet a cependant rappelé que « le seul fait de devoir faire face à une accusation » en matière de drogue au volant, où la plupart des cas mènent à un plaidoyer de culpabilité, « remplit l’objectif visé par la société de dissuader ce comportement ».

Elle a ajouté qu’une telle accusation entraîne « un minimum » de 8000 $ à 10 000 $ en honoraires d’avocats, en hausse de prime d’assurance et en frais de toutes sortes, ce qui est un pensez-y-bien.


Une première infraction est passible d’une amende minimale de 1000 $ et d’une interdiction de conduire d’un an, en plus d’entraîner un casier judiciaire. Une récidive mène à 30 jours d’emprisonnement minimal et à 120 jours lors d’une troisième infraction.