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Une industrie gourmande

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Photo d'archives, AFP

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C’était à prévoir que l’industrie du cannabis deviendrait gourmande.

Après tout, l’objectif ultime des entreprises qui travaillent dans ce secteur est de faire grimper l’action en bourse. 

On a beau dire que la légalisation vise d’abord à enrayer le crime organisé et de protéger la santé des Canadiens. 

Légale ou non, la vente de pot demeure un business très lucratif.

Lobby

Les liens entre cette industrie et les gouvernements sont bien documentés.

De nombreux ex-politiciens ou gens proches du pouvoir, tous partis confondus, ont participé à sa mise sur pied.

Le phénomène des portes tournantes se poursuit, avec d’intenses efforts de lobbys, deux ans après la légalisation.

Les oligarques du pot jugent le cadre législatif canadien trop contraignant, notamment en matière d’étiquetage et de marketing.  

À l’heure actuelle, les entreprises n’ont pas le droit de payer pour de la publicité. 

Leurs produits sont scellés dans des emballages neutres, et sont vendus dans des établissements aux devantures quasi soviétiques. 

L’industrie se plaint aussi que les taxes font grimper le prix de leur marchandise. 

Toutes ces contraintes l’empêchent de concurrencer plus efficacement le crime organisé, plaide-t-on.

Ottawa est sensible à l’argument. Mais on jure qu’il n’est pas question d’offrir à l’industrie du cannabis ce qu’elle recherche, c’est-à-dire, ultimement, un traitement équivalent à celui réservé à l’alcool. 

Assouplissements

Une révision de la loi légalisant le cannabis est prévue l’an prochain. Le lobby du pot ne fera que s’activer davantage d’ici là. 

Le fédéral admet qu’un certain nombre d’assouplissements est possible, afin d’améliorer l’expérience d’achat du consommateur. 

​On pourrait par exemple permettre aux entreprises de mieux se mettre en valeur à l’intérieur des commerces. 

À l’heure actuelle, la neutralité des emballages permet à peine de distinguer les marques. 

Pourrait-on aussi permettre aux commerces de s’afficher de façon plus attrayante ? 

Possible. 

Le fédéral est aussi ouvert à diversifier l’industrie en simplifiant la bureaucratie et l’obtention de permis.

Point de bascule

Québec a aussi son rôle à jouer. La province est l’une des moins bien desservies par le réseau de vente légal au pays.

La Société québécoise du cannabis (SQDC) est encore absente de nombreuses régions et villes importantes.  

C’est loin d’être une science exacte, mais on peut penser qu’en améliorant l’accès au pot légal, on continue de tirer le tapis sous les pieds des criminels. 

Ces derniers, à cause de la légalisation, sont d’ailleurs à la recherche d’autres débouchés, notamment au sud de la frontière.   

Selon les plus récentes données de Statistique Canada, la valeur combinée des ventes de cannabis récréatif et médical a surpassé pour la toute première fois cette année celle du cannabis illégal.

Avons-nous atteint un point de bascule ?  

Enrayer le marché noir sans banaliser la substance : c’est là tout le défi de nos gouvernements.