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Énorme victoire pour les Raiders

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En allant surprendre les Chiefs à Kansas City, les Raiders ont signé la plus importante victoire de l’ère Jon Gruden, rien de moins.

Quand une équipe négligée triomphe d’un gros club comme les Raiders l’ont fait en renversant les Chiefs 40-32, il est souvent facile d’exagérer l’impact de ladite victoire. Dans ce cas précis, il s’agit bel et bien d’une étape marquante pour le programme monté par Gruden, depuis son retour sur les lignes de côtés en 2018, après neuf années dans sa chaise d’analyste.

Depuis que Gruden est revenu, les Raiders ont procédé à une refonte profonde de leur équipe, échangeant quelques joueurs vedettes pour accumuler les choix au repêchage. Au départ, après une saison inaugurale qui s’est conclue par un dossier de 4-12, plusieurs ont sourcillé et remis en doute l’approche de l’entraîneur. L’an dernier, ce dossier est passé à 7-9. De quoi semer un brin d’espoir, mais pas assez pour confondre les Raiders avec de sérieux prétendants. Cette victoire face aux Chiefs ne fait pas une saison, mais elle change les perceptions. Les Raiders ont maintenant les armes pour tonner contre les plus gros canons.

CARR AGRESSIF

Parmi les éléments du noyau que Gruden a choisi de laisser en place, Derek Carr a souvent été parmi les plus contestés. S’il présente continuellement de bonnes statistiques, le quart-arrière des Raiders s’est forgé une réputation de joueur allergique au risque.

Toute équipe sait pertinemment que pour avoir la moindre chance face aux Chiefs, il faut marquer beaucoup de points. En partant de cette prémisse, Carr a attaqué à souhait les champions en titre, sans le moindre complexe. Pour battre les Chiefs, il faut envisager d’inscrire au moins 35 points. Impossible de jouer la trappe contre eux. 

Les Raiders revendiquaient un seul jeu de plus de 40 verges à ce jour cet automne. À lui seul, Carr a complété quatre jeux de passe qui ont atomisé cette distance, dans la victoire face aux Chiefs. 

Le retour du receveur recrue Henry Ruggs, un marchand de vitesse hors pair, l’a clairement aidé à sortir de sa coquille. Ruggs a capté deux passes pour 118 verges, dont un touché sur une bombe de 72 verges. Il s’agissait, incidemment, du plus long gain aérien pour les Raiders depuis 2017, lorsque Carr avait rejoint l’exilé Amari Cooper avec une passe de 87 verges.

Les Chiefs, défensivement, n’ont clairement pas respecté le potentiel vertical de l’attaque des Raiders, une grossière erreur.

UN RARE EXPLOIT

Les Raiders ont donc exorcisé leurs démons de brillante façon en imposant aux champions en titre leur premier revers depuis le 10 novembre 2019. Les Chiefs étaient pourtant établis comme favoris par 11 points, par les preneurs aux livres.

La bande de Gruden a signé sa première victoire à Kansas City depuis 2012. Face aux Chiefs au Arrowhead Stadium, Carr connaissait toutes sortes d’ennuis avec une piètre fiche de 0-6, seulement quatre passes de touchés et sept interceptions. Ses six défaites avaient été encaissées par un marge moyenne de 17 points. Son plus long gain au cours de ces six pénibles matchs? Trente-trois petites verges!

Cette tendance s’était accentuée avec l’arrivée de Patrick Mahomes chez les Chiefs. Les Raiders avaient été défaits par un pointage cumulatif de 75-12 à Kansas City depuis que Mahomes est aux commandes. 

Ce même Mahomes avait amorcé 40 matchs de suite sans perdre par plus de sept points. Toute bonne chose a une fin et les Raiders viennent de démontrer que les Chiefs, même s’ils doivent toujours être considérés comme favoris pour remporter leur division, ne sont plus seuls.

PENSÉE POUR PRESCOTT

Un autre événement a retenu l’attention, cette fois pour les mauvaises raisons. C’est la blessure à la jambe horrible subie par Dak Prescott, quart-arrière des Cowboys de Dallas.

Plusieurs amateurs se plaisent à mépriser les Cowboys et leurs différents quarts-arrières au fil du temps, mais il faut être totalement insensible pour ne pas se sentir dégoûté par cette blessure.

Les Cowboys ont de gros problèmes à régler, mais Prescott ne faisait pas partie de ces problèmes. Il a la cause de l’équipe à cœur et il suffit de voir ses coéquipiers agglutinés autour de lui quand il a quitté le terrain pour comprendre à quel point il est un leader respecté. 

Sur le plan du football, les Cowboys devront s’en remettre à Andy Dalton. Il y a pire comme situation, même s’il n’a pas le talent de Prescott.

Sur le plan individuel, cette blessure qui semble très sérieuse fait mal puisque Prescott jouait selon les termes de l’étiquette de «joueur de franchise», ce qui ne lui garantit son salaire que pour cette année. Il deviendra agent libre au terme de la campagne, mais combien d’équipes craindront de s’engager avec lui à long terme, y compris les Cowboys? Peu importe les allégeances, cette situation est d’une tristesse inouïe.

5 jeux de la semaine

1. Gallup sauve la mise

La victoire in extremis des Cowboys est survenue grâce à deux attrapés spectaculaires de Michael Gallup durant la dernière séquence offensive. Andy Dalton a d’abord rejoint le receveur pour un premier jeu de 19 verges, le long des lignes de côté, quand Gallup a fait glisser le bout de ses orteils comme une ballerine. Sur le jeu suivant, le duo a récidivé, toujours sur le long des lignes de côtés, quand Gallup a capté le ballon par-dessus son épaule. Gallup est considéré comme le receveur numéro 3 chez les Cowboys, un luxe rare! Ces deux jeux ont mené au placement victorieux de Greg Zuerlein. Une victoire pour Dak Prescott, tombé durement au combat!

2. Rivers régresse

Le vétéran quart-arrière des Colts, Philip Rivers, semble régresser de semaine en semaine. Tirant de l’arrière 20-10 à la mi-temps face aux Browns, Rivers a entamé le troisième quart avec une passe molle qui est tombée dans les mains du maraudeur Ronnie Harrison Jr tel un cadeau. Ce dernier a parcouru la distance avec le ballon pour donner les devants aux Browns par 27-10. Rivers a été victime d’une autre interception au quatrième quart. C’était un aspect inquiétant de son jeu en 2019. En 2020, c’est devenu une véritable plaie.

3. Les grands succès de Queen

Non, on ne parle pas ici du mythique groupe rock, mais plutôt du secondeur recrue des Ravens, Patrick Queen. Au quatrième quart, il a mis le match totalement hors de portée pour les Bengals en ramenant un échappé dans la zone des buts pour le touché. Queen est devenu le deuxième joueur seulement depuis 1987 à terminer un match avec neuf plaqués, deux échappés recouverts, un sac et un touché. Tout une façon de tourmenter son ancien coéquipier à LSU, Joe Burrow!

4. Une rare longue course

Dans une cause perdante, le porteur des Eagles Miles Sanders a marqué un touché sur une longue course de 74 verges au premier quart. Deux éléments épatent concernant ce jeu spectaculaire. Premièrement, il s’agit de la plus longue course chez les Eagles depuis que Brian Mitchell avait galopé sur 85 verges, en 2000. Deuxièmement, en dehors de cette course de 74 verges, Sanders a été limité à six verges en dix autres courses par la défensive des Steelers.

5. Ryan intercepté

Les Falcons continuent de s’enliser dans les bas-fonds. Pourtant, au quatrième quart, ils étaient dans le coup, accusant un retard de sept points face aux Panthers. À la porte des buts au milieu du quatrième quart pour tenter de niveler la marque, Matt Ryan a toutefois pris une horrible décision. Sa passe forcée vers Russell Gage dans une couverture étroite a mené à une interception fatale de Juston Burris. Ryan n’est pas le plus gros problème chez les Falcons, mais il en est devenu un.

LES GAGNANTS DE LA SEMAINE

1. Alex Smith

Oubliez les statistiques et le résultat. Alex Smith a vu de l’action pour la première fois depuis son horrible blessure à la jambe subie en 2018. Des complications ont ensuite entraîné 17 opérations. Oui, oui, DIX-SEPT! Celui qui a débuté la saison comme troisième quart-arrière de Washington est un miraculé. Et un héros!

2. Chase Claypool

Le receveur de la Colombie-Britannique est devenu le premier joueur des Steelers à inscrire quatre touchés (trois par la passe et un par la course) depuis 1968. La recrue est déjà un monstre.

3. Aaron Donald

Les Rams ont martyrisé les deux quarts-arrières de Washington avec huit sacs. Le plaqueur étoile Aaron Donald en a récolté quatre à lui seul. En défensive, il y a Donald et puis les autres, loin derrière dans la brume.

4. Les Panthers

Qui aurait osé prédire que les Panthers montreraient une fiche gagnante après cinq semaines? La défensive joue étonnement bien et l’attaque fait le boulot. Matt Rhule avait bien fait pour redresser les programmes universitaires de Temple et Baylor. Cette compétence le suit chez les pros.

5. Les Dolphins

Il y a parfois Ryan «Fitzmagic» et parfois Ryan «Fitztragic». Les Dolphins ont bénéficié du bon côté de leur quart-arrière, qui a lancé pour 350 verges avec trois passes de touchés. Les 49ers n’avaient pas donné 43 points à la maison depuis 2009.

LES PERDANTS DE LA SEMAINE

1. Dan Quinn et Thomas Dimitroff

L’entraîneur-chef des Falcons, Dan Quinn, est finalement remercié, tout comme le directeur général Thomas Dimitroff. Il faudra tout un coup de barre pour relancer cette équipe dotée de joueurs talentueux, mais dont la confiance est à zéro.

2. Les Bengals

Joe Burrow est livré en agneau sacrifié semaine après semaine. Face aux Ravens, il a été au cœur d’une boucherie avec sept sacs à ses dépens. À quand l’infirmerie?

3. Charvarius Ward

Le demi de coin des Chiefs a eu l’air fou à quelques reprises en couverture de passe et les Raiders ne se sont pas gênés pour abuser de lui. Au point où Ward a même été condamné au banc.

4. Chandler Jones

Le meilleur joueur défensif des Cardinals, qui a réussi 19 sacs du quart l’an dernier, a subi une blessure au biceps qui risque fort de mettre un terme à sa saison, selon l’entraîneur-chef Kliff Kingsbury. Une perte majeure pour une équipe compétitive.

5. Jimmy Garoppolo

Le quart-arrière des 49ers est peut-être revenu trop vite, mais difficile d’excuser sa désolante performance. Avec seulement sept passes réussies en 17 tentatives, 77 verges et deux interceptions, il s’est vite retrouvé au banc. C’est un début de saison pénible pour les Niners.