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Accusé d’avoir tué des enfants de 2 et 5 ans

Michaël Chicoine était connu du réseau de la santé depuis sept ans pour des problèmes de santé mentale

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Un homme de 30 ans a formellement été accusé lundi de meurtres au deuxième degré à la suite du terrible drame qui secoue Wendake, où les corps de deux frères de 2 et 5 ans ont été découverts dans une résidence, dimanche. 

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Les policiers se sont rendus sur les lieux du drame, à Wendake, tôt dimanche matin.
Photo Agence QMI, Guy Martel
Les policiers se sont rendus sur les lieux du drame, à Wendake, tôt dimanche matin.

Michaël Chicoine a comparu par visioconférence un peu après 13 h lundi après-midi, d’une salle de la prison de l’Établissement de détention de Québec.   

  • Écoutez l'entrevue du journaliste de TVA Nouvelles Félix Seguin avec Richard Martineau sur QUB Radio:   

La veille, à 2 h du matin, il se rendait lui-même avec son véhicule à la centrale de police du parc Victoria. Quelques heures plus tard, les policiers se sont rendus à un domicile, à Wendake, où ils ont pris connaissance de l’ampleur de la tragédie. 

Les corps inanimés de deux frères de 2 et 5 ans ont alors été découverts. Leur décès a été plus tard confirmé. 

Les policiers ont érigé un large périmètre de sécurité et la Sûreté du Québec a déployé son unité d’identité judiciaire.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) se penchera également sur les circonstances entourant cette tragédie.

Le suspect Michaël Chicoine s’est rendu lui-même à la centrale de police du parc Victoria. On voit ici son véhicule. 3. L’unité d’identité judiciaire de la Sûreté du Québec tentera d’établir les circonstances entourant la tragédie.
Photo Agence QMI, Guy Martel
Le suspect Michaël Chicoine s’est rendu lui-même à la centrale de police du parc Victoria. On voit ici son véhicule. 3. L’unité d’identité judiciaire de la Sûreté du Québec tentera d’établir les circonstances entourant la tragédie.

La triste nouvelle s’est répandue rapidement à Wendake, où une vague de solidarité a déferlé pour rendre hommage aux enfants et soutenir les proches. 

  • Écoutez la chronique de Geneviève Pettersen avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Lors de sa comparution, lundi, Chicoine ne semblait pas en état de choc et a répondu de manière posée au juge Christian Boulet. La procédure a duré moins de 15 minutes. 

À la demande de Me Thomas Jacques, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), deux ordonnances de non-publication ont été rendues par le juge Boulet. Elles empêchent notamment de communiquer toute information qui permettrait d’identifier les victimes et leur lien avec l’accusé.

DPJ

L’unité d’identité judiciaire de la Sûreté du Québec tentera d’établir les circonstances entourant la tragédie.
Photo Agence QMI, Guy Martel
L’unité d’identité judiciaire de la Sûreté du Québec tentera d’établir les circonstances entourant la tragédie.

Selon nos informations, une proche des victimes craignait pour leur sécurité et l’accusé aurait fait l’objet de signalements aux autorités, incluant la DPJ.

« Aussitôt que j’ai su la nouvelle, j’ai pensé à quand j’étais avec elle [cette proche] et qu’elle en a fait des signalements et que je l’accompagnais là-dedans », a raconté une femme qui connaissait les enfants tués. « Elle en a fait plus qu’un appel à l’aide », ajoute-t-elle.

  • Le sénateur Pierre-Hughes Boisvenu réagit au drame sur QUB Radio:

Questionné à savoir si ce drame aurait pu être évité, le ministère des Services sociaux a dit être en contact avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale.  

« Pour l’instant, les informations dont nous disposons sont parcellaires. Nous souhaitons obtenir l’ensemble des éléments avant de nous prononcer. Et si les éléments de réponse ne nous satisfont pas, nous irons plus loin », nous a indiqué une responsable des communications du cabinet du ministre Lionel Carmant.

Les deux victimes sont des frères âgés de 2 et 5 ans.
Photo Facebook
Les deux victimes sont des frères âgés de 2 et 5 ans.

Selon ce qu’on a appris, Chicoine était suivi pour des problèmes de santé mentale depuis 2013 et il ne se serait pas toujours montré collaboratif pour tous ses traitements. 

Concernant les signalements, nos informations indiquent que la DPJ en a effectivement reçu, mais que l’organisme ne pouvait pas et ne croyait pas justifiable d’intervenir puisque la sécurité des enfants n’était pas compromise. 

À l’hôpital 

Entre le moment où il s’est livré à la police et celui où il a été accusé, Michaël Chicoine a passé une évaluation médicale dans un hôpital. 

« Compte tenu des propos qu’a tenus mon client, les policiers ont cru prudent de le faire hospitaliser pour valider certaines choses qui auraient pu avoir une incidence sur sa santé », a expliqué son avocat, Me Pierre Gagnon, en entrevue téléphonique, sans élaborer sur la nature exacte des observations des policiers. 

Dès le début de la comparution, lundi, le juge Boulet a ouvert une lettre adressée au tribunal par un médecin du CHU de Québec. Le document a finalement été mis sous scellés.

En entrevue, Me Gagnon estimait que la lettre « était plus en lien avec l’état dans lequel Michaël Chicoine était [lors de son évaluation] qu’en lien qu’avec l’histoire comme telle ».

Michaël Chicoine, qui n’avait pas d’antécédents criminels, reviendra en cour le 11 novembre pour la suite des procédures.

— Avec la collaboration de Dominique Lelièvre et de TVA Nouvelles

 

Des réactions  

Photo Agence QMI, Guy Martel

« On est toujours dans le choc, on se réveille le lendemain et on se demande si c’est un rêve. »

Konrad Sioui, grand chef de Wendake

Photo Stevens LeBlanc

« J’ai le cœur brisé d’apprendre le décès de ces deux jeunes enfants. J’offre mes plus sincères condoléances à toute la nation huronne-wendat. C’est tout le Québec qui est bouleversé devant ce drame sans nom. »

– François Legault, premier ministre

Capture d'écran tirée de TVA Nouvelles

« Mes premières pensées vont aux proches et à la famille de ces deux jeunes enfants. Il n’y a pas de mot pour décrire un drame semblable. Mon cœur de père est bouleversé. La SQ fera la lumière sur les événements. »

– Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones du Québec

Photo Émélie Rivard-Boudreau

« Mon cœur de parent et grand-parent est brisé ce matin. Mes pensées vont aux familles et à la nation huronne-wendat de Wendake. Nos services de soutien seront au rendez-vous si requis. »

– Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador