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Crise d'Octobre: le Bloc tente d'accroître la pression

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Alors qu'approche le 50e anniversaire de la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre, le Bloc québécois tente de faire monter la pression sur le gouvernement Trudeau afin d’obtenir des excuses officielles pour les arrestations sommaires.

Le parti diffuse cette semaine une série de témoignages de quelques-unes des 497 personnes arrêtées sommairement pendant la crise d’Octobre.

L’écrivaine Jocelyne Robert y relate notamment une perquisition menée à son domicile.

«J’ai eu le malheur de dire que “ça serait gentil de faire un petit peu moins de bruit parce que mon père, à l’autre bout de l’appartement, vient de sortir de l’hôpital et est en convalescence, il est très malade”», raconte madame Robert.

«Comme je dis ça, ils partent en trombe. Mon père est couché, ils le virent de bord, regardent son visage, une “flashlight” et une carabine sur la tête.»

Même si la Loi sur les mesures de guerre a été utilisée à la demande du gouvernement du Québec, Mme Robert estime qu’Ottawa doit présenter des excuses.

«C’est le fédéral qui a établi la Loi qui a donné lieu à des bavures», dit-elle en entrevue à TVA Nouvelles.

Gaétan Dostie, alors étudiant en lettres à l’Université de Sherbrooke, raconte que lui et ses proches ont été «marqués à tout jamais» par son arrestation le 16 octobre 1970.

«Se faire réveiller par une mitraillette, pis de vous faire surveiller pendant quatre ou cinq heures avec une mitraillette qui est toujours pointée sur vous, vous n’en menez pas large», affirme-t-il.

Une motion aux communes

Le Bloc québécois compte aussi présenter une motion à la Chambre des communes réclamant des excuses officielles du premier ministre pour la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre le 16 octobre 1970.

«Ça va être intéressant de voir comment les autres partis vont se positionner par rapport à ça», dit Denis Trudel, député bloquiste de Longueuil-Saint-Hubert. Il a ajouté avoir hâte de voir ce que les députés fédéralistes du Québec auront à dire à ce sujet.

Si le NPD estime que des excuses du fédéral s’imposent, les conservateurs ne sont pas de cet avis.

«Il y avait des bombes qui éclataient partout, il fallait réagir», a récemment déclaré le député Richard Martel, lieutenant du chef conservateur pour le Québec.

«Malheureusement il y a eu des arrestations, mais, à ce moment-là, c’était une première et puis on ne savait pas tout à fait comment réagir, mais fallait réagir», a-t-il ajouté.

Si Justin Trudeau s’est dit favorable à une «réflexion» sur les événements d’il y a 50 ans, le premier ministre a semblé écarter formellement toute excuse officielle.

«Ma préoccupation maintenant, c’est ce qui se passe au Québec et partout au pays avec la COVID-19», a-t-il récemment affirmé.