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[PHOTOS] Durement touchés par la crise, des dizaines d'hôteliers manifestent à Québec

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Plus de 200 hôteliers de la région de Québec sont venus porter des oreillers devant l’Assemblée nationale, symbole des «lits vides» dans leurs établissements, dans le but d’obtenir l’aide des différents paliers de gouvernements pour «survivre à la crise».

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Photo Stevens Leblanc

«Pour plusieurs [hôteliers] c’est très près de notre dernier repos», a illustré la directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec, Marjolaine de Sa, qualifiant la situation de «catastrophique». 

Marjolaine De Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec.
Photo Stevens Leblanc
Marjolaine De Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec.

À l’heure actuelle, 20 établissements hôteliers de la région ont été forcés de fermer leurs portes de façon temporaire, en raison d’un trop faible achalandage dû à la pandémie de Covid-19. Le Manoir du Lac Delage, le Capitole et l’Hôtel Clarendon sont notamment du nombre.  

Photo Stevens Leblanc

Mme de Sa s’inquiète d’ailleurs du fait que ce chiffre pourrait bondir à 35 d’ici la fin du mois et à 80 d’ici le mois de décembre, si Québec restait en zone rouge.  

«On ne parle pas de revenus cette année aucunement, mais là les propriétaires vont piger dans leur fonds de pension pour passer à travers et ils ne savent même pas s’ils vont pouvoir passer à travers», affirme Mme de Sa. 

«Pire que mon scénario catastrophe»

Les propriétaires d’établissements hôteliers de Québec, Michelle Doré et Chantale Nadeau, songent d’ailleurs à fermer si la situation ne change pas rapidement. 

Chantale Nadeau
Photo Stevens Leblanc
Chantale Nadeau

«Je fais quoi avec les employés? Ils dépendent de nous. Je me suis fait des scénarios catastrophes, mais en ce moment, c’est pire que mon scénario catastrophe», lance Mme Doré, émotive.   

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Propriétaire de quatre hôtels dans le Vieux-Québec, dont l’Hôtel Champlain, en plus de la brasserie chez Jules, Mme Doré admet avoir perdu près de 1,5M$ depuis le début de la pandémie. Elle emploie désormais à peine une trentaine d’employés, alors qu’elle en compte une centaine en temps normal. «On s’appauvrit. À chaque jour qui passe, je sors mon cash flow. Chacune des cennes dépensées me fragilise», ajoute l’hôtelière. 

Michelle Doré
Photo Stevens Leblanc
Michelle Doré

C’est un véritable «cri du cœur» que venait pour sa part lancer Mme Nadeau, propriétaire de l’hôtel Sepia et du Holiday Inn. «Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est mettre un genou è terre. Si on ne nous aide pas, plein de joueurs vont tomber et plein de gens vont perdre leur emploi de façon permanente», dit-elle.     

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Taxes municipales «trop élevées» Taxes municipales «trop élevées»

Les taxes municipales «trop élevées» étaient sur toutes les lèvres, mardi matin.  

Les hôteliers réclament ainsi un assouplissement de la part de l’administration Labeaume, afin que soient ajustées leurs taxes municipales en fonction de leur rentabilité actuelle.  

Les propriétaires d’établissements hôteliers critiquent d’ailleurs fortement le projet de loi 67, récemment déposé par le gouvernement Legault. Ce dernier aura pour effet de suspendre l’application de la Loi sur la fiscalité municipale, qui permettait de réviser la valeur des propriétés, dont les hôtels, afin d’arrimer les taxes à la situation actuelle. 

«Nos taxes sont basées sur nos revenus des trois dernières années, qui ont été des années record», déplore Mme Nadeau. 

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«Programmes non adaptés»

Les hôteliers estiment par ailleurs que les programmes d’aide actuellement mis en place par les gouvernements provinciaux et fédéraux ne sont pas «adaptés» à leur industrie, afin de les aider à payer leurs frais fixes.  

«Moins de 10% des hôteliers peuvent y adhérer actuellement», déplore Mme De Sa. «Ça prend entre 40% et 45% de taux d’occupation d’un hôtel pour que les frais fixes soient couverts», explique Mme de Sa, précisant que la plupart des hôteliers de la région ont présentement des taux d’occupation avoisinants les 3%. 

Photo Stevens Leblanc

Rencontre avec la ministre

Au ministère du Tourisme, on n’écarte pas la possibilité d’aider financièrement l’industrie hôtelière, sans toutefois préciser de quelle façon. Des rencontres sont prévues au cours des prochains jours entre la ministre, Caroline Proulx, et les trois grandes associations hôtelières de la province. «Nous avons toujours maintenu que nous serions prêts à apporter des ajustements aux programmes ou poser des gestes additionnels, ciblés et responsables sur le plan des finances publiques, afin de préserver la capacité d’accueil de la destination », a indiqué la directrice des communications du cabinet, Sandra O’Connor. 

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