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Rozon écoute celle qui l’accuse de l’avoir violée

Le fondateur de Juste pour rire a assuré qu’il livrera sa version des faits

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Après une journée à écouter en détail comment il se serait « jeté » sur une jeune femme pour la violer il y a 40 ans à la suite d’une soirée en discothèque, Gilbert Rozon a annoncé qu’il allait témoigner pour sa défense.

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« Oui », a simplement répondu le fondateur de Juste pour rire lorsqu’il s’est fait demander s’il livrera sa version des faits, mardi, au terme du premier jour de procès au palais de justice de Montréal.

Rozon, 65 ans, est accusé de viol et d’attentat à la pudeur sur une femme qui ne peut être identifiée sur ordre du tribunal. Les événements seraient survenus vers 1980, dans une maison de Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

« Je me souviens de l’oppression, du lâcher-prise, de me dire de penser à autre chose et que ça va se finir », a expliqué la femme, qui avait à l’époque 20 ans.

La femme travaillait dans une station de radio quand elle a rencontré Rozon, qui l’a invitée à aller en discothèque. La soirée se serait déroulée de façon « neutre », mais après, plutôt que de la ramener chez elle, Rozon lui aurait demandé de faire un détour « pour chercher des papiers chez sa secrétaire » qui habitait non loin de là.

Gilbert Rozon s’est présenté au palais de justice de Montréal mardi pour son procès pour viol et attentat à la pudeur. Il a été accueilli par plusieurs femmes qui l’accusent d’être un prédateur sexuel, dont la comédienne Patricia Tulasne (en arrière-plan).
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Gilbert Rozon s’est présenté au palais de justice de Montréal mardi pour son procès pour viol et attentat à la pudeur. Il a été accueilli par plusieurs femmes qui l’accusent d’être un prédateur sexuel, dont la comédienne Patricia Tulasne (en arrière-plan).

Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB radio: 

Première agression esquivée

Une fois sur place, Rozon aurait fait des avances à la femme, qui a dû se débattre en le traitant « d’esti d’épais ».

« Il s’est comme jeté sur moi pour m’embrasser, a expliqué la témoin. J’ai réagi, il y a eu du tiraillement, on s’est retrouvé au sol, un bouton de ma chemise a foutu le camp. Il a relevé ma jupe, je me suis débattue, je lui ai dit d’arrêter. »

Rozon aurait obtempéré, mais en ajoutant qu’en raison de sa fatigue, elle allait devoir dormir dans une chambre. C’est au petit matin qu’il l’aurait violée.         

  • Nicole Gibeault, juge à la retraite, revient sur le dossier à QUB radio:   

« La seule chose que je me souviens, c’est la fenêtre, parce que c’est ce que je regardais, a-t-elle dit. Après, j’étais en colère contre moi de l’avoir laissé faire ça; je m’étais défendue avant alors pourquoi je n’ai pas continué ? »

La même colère après 40 ans

Et 40 ans plus tard, elle dit avoir toujours cette même colère. Elle a finalement porté plainte contre Rozon, à la suite de la vague de dénonciations de femmes qui accusent le fondateur de Juste pour rire d’être un prédateur sexuel.

« Je n’étais même pas certaine qu’on pouvait appeler ça une agression sexuelle puisque je ne m’étais pas débattue, a toutefois reconnu la femme en contre-interrogatoire. C’est ce que j’ai dit aux policiers. »       

  • L'avocat François-David Bernier commente le dossier au micro de Geneviève Pettersen, sur QUB radio:   

 

L’avocate de la défense, Isabel Schurman, a suggéré que c’est la victime alléguée qui s’est rendue dans la chambre de Rozon. La plaignante a assuré que c’était « impossible ». 

Me Schurman a ensuite suggéré à la femme que dans sa plainte à la police, elle n’avait jamais utilisé les mots « contrainte » et « oppression », entre autres.

Son témoignage, devant la juge Mélanie Hébert, se poursuit mercredi. 

CE QUE LA PLAIGNANTE A DIT

« Quand j’ai vu les dénonciations [contre Gilbert Rozon] dans les médias, ça m’a fait un choc, j’en ai parlé à ma fille en disant qu’il fallait faire quelque chose. »

« J’ai passé 40 ans à mettre [ce qui s’est passé] dans un tiroir et l’oublier. Je ne peux pas dire mot pour mot ce qui a été dit, mais je me souviens du sens des conversations. »

« Quand je me suis réveillée, il [Rozon] était sur moi, déterminé à avoir des relations sexuelles. »

« Je sais que je n’étais pas consentante, je n’ai rien fait pour encourager ça, ça faisait deux fois que je disais non. »

« Je me sentais en danger de faire quelque chose que je ne voulais pas, pas d’être frappée ou attaquée violemment. »

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