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Des garçons de Sherbrooke portent la jupe pour faire changer les mentalités

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Une centaine de garçons de l'École Mitchell-Montcalm à Sherbrooke ont arboré fièrement la jupe mercredi. 

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«En fait [la jupe], c’est un symbole. On essaie vraiment de se battre contre l’hypersexualisation des femmes, on veut pousser l’égalité des sexes et aussi se battre contre la masculinité toxique», a dit Jules Fréchette, un élève de secondaire 5 qui a pris part au mouvement. Il s’est procuré une jupe pour l’occasion et compte bien la reporter dans les prochaines semaines.

Depuis une semaine, les initiatives du genre se multiplient à travers le Québec. Ce mouvement viral s'attaque au sexisme dans les codes vestimentaires. Au-delà de l'habillement, la mobilisation vise aussi à mettre en lumière les violences à caractère sexuel vécues par les femmes.

«Quelque part, ça vient de l’éducation et il faut dire aux gars que ce n’est pas parce que la fille dérange que tu as le droit d’avoir des propos par rapport à elle, des actes. Il faut aussi dire aux garçons, où à n’importe qui qui veut faire des actes déplacés: ce n’est pas la fille le problème, c’est toi qui penses croche», a expliqué Gabrielle-Anne Théroux, présidente du conseil des élèves à l’école Mitchell-Montcalm.

La direction de cette école publique souhaite que cette protestation puisse ouvrir la discussion.

«Se questionner pour voir ce mouvement va aller jusqu’où, a dit Ghislain Mercier, enseignant d’éthique et culture religieuse. C’est un vêtement aujourd’hui, mais au niveau du sexisme, au niveau de l’égalité entre hommes et femmes, c’est beaucoup plus que ça. Là on parle de l’école, mais ça peut être à l’extérieur de l’école aussi. Certains garçons disaient que lorsqu’ils ont voulu aller acheter leur jupe aujourd’hui, ils se sont sentis mal à l’aise. Alors il y a un phénomène social qui est quand même autour de ça.»

À l’école privée Le Salésien, aussi située à Sherbrooke, les garçons qui portaient la jupe mardi ont été renvoyés à la maison. La direction dit respecter la mobilisation et la liberté d’expression et souhaite échanger avec ses élèves à ce sujet, question que ceux-ci comprennent entièrement le mouvement auquel ils souhaitent prendre part.