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Le NM Apollo revient hanter Québec

La facture explose pour couler le navire

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le NM Apollo est toujours au port de Québec. Le navire devait devenir un récif artificiel pour les plongeurs.

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Le NM Apollo revient hanter la Société des traversiers du Québec (STQ) et le gouvernement. Le projet de couler le navire et de le transformer en récif artificiel dans le Saint-Laurent est en péril. L’organisme à but non lucratif derrière cette idée n’est plus en mesure d’assumer les factures qui pourraient être encore de plusieurs millions de dollars.

Depuis son achat en 2019, le traversier NM Apollo a déjà coûté plus de 5,5 M$ à la STQ. De ce montant, 2 M$ ont été versés à l’automne 2019 à la Société Apollo de Godbout afin d’appuyer les travaux pour couler le navire datant de 1970 dans la baie de Godbout. La STQ l’avait cédé pour 1 $. 

Aujourd’hui, il reste plus ou moins 180 000 $ dans les coffres de la Société Apollo, précise au Journal le président Jean-Yves Bouffard, aussi maire de Godbout.

Ce qui est insuffisant pour assurer le reste des travaux ou même pour déplacer le navire du port de Québec, concède-t-il.

«Il faut qu’il sorte de l’espace du Groupe Océan au cours des 15 prochains jours», affirme M. Bouffard, précisant devoir de l’argent à cette compagnie.

«Nous avons commencé avec 1,7 M$ et nous avons 30 % des travaux de réalisés. On s’attendait à une facture de 2,5 M$. Là, si on fait une règle de trois, il manque 4 M$», ajoute-t-il.

Différentes découvertes durant les travaux pour le préparer à sombrer, comme de l’amiante, ont fait bondir la facture. Il faut dire que le navire avait été acheté sans inspection par la STQ à Labrador Marine, en 2019.

M. Bouffard a contacté le ministère de l’Économie pour obtenir une aide financière. Il souhaite demander une soumission à une autre compagnie pour finir les travaux ainsi qu’un prix pour démanteler l’ensemble du navire. Un scénario qui avait été analysé initialement par la STQ.

«Tout a posé problème. Présentement, nous avons des estimations pour les coûts qui nous font peur. Lorsque nous avons reçu le bateau, nous n’avions pas les plans. Nous ne savions pas pour l’amiante», souligne-t-il. «On attend des réponses du ministre Pierre Fitzgibbon», poursuit-il.

Ce dernier dit avoir la collaboration du Groupe Océan et de la STQ pour trouver des solutions. D’ailleurs, mardi, M. Bouffard a eu des échanges avec ces deux organisations.

Risque de couler

Du côté du Groupe Océan, qui avait été mandaté pour réaliser les travaux, on craint que le navire coule s’il n’est pas entretenu cet hiver en raison de sa condition. La direction affirme avoir eu des discussions avec la STQ, la Société Apollo, la Garde côtière et Transport Canada.

«Nous avions initialement dit à la Société Apollo qu’il n’allait pas être possible de faire tous les travaux avec les sommes disponibles. Nous avions aussi souligné qu’il était fort probable qu’on trouve d’autres choses en raison de l’historique du navire», avance le porte-parole, Philippe Filion.

En janvier, la Société Apollo a tout de même donné le feu vert au Groupe Océan. Le chantier a été stoppé en mai en raison d’un manque de fonds. 

«Même si on le bouge à un autre endroit, il faut qu’une personne en prenne la responsabilité», note M. Filion. «Il faut être capable de payer pour l’entretien et le quaiage. On ne veut pas le garder au quai 20, car cet endroit est destiné à d’autres projets», poursuit-il.

La direction de la STQ n’a pas voulu commenter le dossier. 

LE NM APOLLO EN BREF  

  • Construit en 1970 en Allemagne et acheté en 2019 par la STQ.  
  • Il a assuré la traversée entre Matane et Godbout en remplacement du NM F.-A.-Gauthier durant une vingtaine de jours.  
  • Il est entré en collision avec deux quais durant ses activités. Les réparations ont coûté près de 172 000 $.  
  • Un rapport du Bureau de la sécurité des transports avait évoqué différents problèmes sur le navire, notamment concernant l’étanchéité de sa coque.  
  • Seulement 30 % des travaux nécessaires pour le couler dans la baie de Godbout sans impact sur l’environnement ont été effectués.  
  • Il a coûté jusqu’à présent 5,5 millions $ à la STQ.