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Les Chiliens du Québec veulent avoir leur mot à dire malgré la COVID

Ils ne savent pas s’ils pourront voter à un important référendum depuis l’étranger

Manifestation devant le consulat chilien
Photo Nora T. Lamontagne Une quinzaine de manifestants d’origine chilienne ont réclamé plus d’informations sur le processus qui leur permettra de voter au référendum depuis l’étranger.

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À 10 jours de l’un des plus importants scrutins depuis la fin de la dictature de Pinochet, les Chiliens du Québec ignorent toujours où – et si – ils pourront voter.

« Jusqu’à présent, on n’a absolument rien reçu de la part du consulat », s’inquiète Marcos Marchant, inscrit depuis longtemps pour voter le 25 octobre prochain.

Ce scrutin s’annonce historique, mais aussi sentimental, pour de nombreux réfugiés politiques arrivés au Québec dans les années 1970, qui y voient l’occasion de se débarrasser de l’héritage du dictateur Augusto Pinochet.

Le référendum permettra aux Chiliens de dire s’ils souhaitent se doter d’une nouvelle constitution, et si oui, qui devrait la rédiger : des députés ou des citoyens élus pour ce faire.

Le nouveau texte de loi pourrait notamment reconnaître explicitement les droits des femmes et des Autochtones et éliminer des clauses qui protègent excessivement les entreprises privées, par exemple.

À bas les inégalités

C’est d’ailleurs après une série de manifestations massives et violentes contre les inégalités sociales qui ont secoué le pays l’an dernier que le processus référendaire a été mis en branle.

« La nouvelle constitution est vue comme un nouveau départ, une occasion de recommencer à neuf », résume le politicologue Pierre Ostiguy, basé à l’Université de Valparaiso, au Chili.

Toutefois, la participation des 1463 électeurs figurant sur la liste du Consulat général du Chili à Montréal est encore incertaine. « Le doute [sur la tenue du vote] a été semé et s’est propagé », admet le nouveau consul général du Chili à Montréal, Felipe Orellana.

L’organisme responsable des élections chiliennes – le Servel – a confirmé au Journal que des mesures sanitaires plus restrictives « des autorités locales » empêchaient le scrutin d’avoir lieu à l’endroit choisi au départ.

La Direction régionale de santé publique de Montréal, Élections Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux et l’Institut national de la santé publique du Québec nient tous être liés à cette décision.

« Honteux »

« Ce serait honteux que toutes les provinces sauf le Québec autorisent la tenue d’un vote référendaire », souligne l’ex-député bloquiste d’origine chilienne Osvaldo Nuñez Riquelme, arrivé au pays comme réfugié politique en 1974.

Les autorités chiliennes affirment être à la recherche d’un nouvel emplacement.

En attendant le plan B, une quinzaine de manifestants se sont réunis mercredi devant le bureau du consulat pour exiger des réponses.

« On se sent[irait] trahis de ne pas pouvoir participer à un vote si historique seulement parce qu’on n’a pas pu trouver un endroit où voter », s’insurge Elena Tapia