/opinion/columnists
Navigation

Les rats républicains quittent le Titanic Trumpien

Coup d'oeil sur cet article

Une inquiétude croissante gagne la hiérarchie du parti républicain, selon laquelle le 3 novembre sera une éclatante victoire pour Joe Biden. De plus en plus d’élus républicains, menacés de défaites, se distancient de Donald Trump.

Le sénateur du Texas Ted Cruz sonne l’alerte générale : « Je pense que cela pourrait être une élection terrible. Je pense que nous pourrions perdre la Maison-Blanche et les deux chambres du Congrès, que ce pourrait être un bain de sang aux proportions du Watergate ».

À l’élection de 1972, Richard Nixon a été réélu avec un extraordinaire total de 520 votes au collège électoral et 60,7 % du vote populaire. À la suite du scandale Watergate et de sa démission, Jimmy Carter, en 1976, a été élu président avec 297 votes dans les collèges électoraux et 50,1 % du vote populaire.

McConnell très critique

Même Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, boycotte la Maison-Blanche à cause de l’attitude désinvolte de Trump face au coronavirus. À 78 ans, il craint d’être infecté. Pour bien se démarquer du président, il explique qu’au Sénat, le masque et la distanciation sociale sont obligatoires. L’attitude de McConnell est une indication de la menace que la gestion de la pandémie présente pour la majorité républicaine du Sénat.

La dissidence de ce fidèle et servile allié de Trump a galvanisé le courage de ses collègues républicains. Le sénateur Thom Tillis parle publiquement de la défaite de Trump et d’une présidence de Joe Biden. Tillis est l’un des nombreux proches de Trump qui ont contracté la COVID-19 lors d’un événement à la Maison-Blanche. Sa réélection comme sénateur de Caroline du Nord n’est pas acquise.

En Arizona, la sénatrice républicaine Martha McSally, qui traîne dans les sondages loin derrière l’ancien astronaute de la NASA Mark Kelly, attaque Trump pour ses commentaires ignominieux répétés sur son prédécesseur, le regretté John McCain.

Autre signe du désastre républicain imminent

Depuis des mois, des candidats démocrates dans des courses qui détermineront le contrôle du Sénat recueillent plus de contributions électorales que les titulaires républicains de ces sièges. Le démocrate Jaime Harrison, un Afro-Américain qui se présente contre le sénateur vedette Lindsey Graham de Caroline du Sud, a amassé une fantastique somme de 57 millions de dollars au troisième trimestre de 2020, la collecte de fonds trimestrielle la plus élevée de candidats au Sénat de toute l’histoire des États-Unis. C’est plus du double de ce que Graham a amassé au cours des six trimestres précédents combinés. Selon un récent sondage, Harrison devance actuellement Graham d’un point de pourcentage dans la course au Sénat.

L’opportuniste politique par excellence Graham mène actuellement la charge pour faire confirmer la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême. En 2016, il s’était pourtant opposé à ce qu’Obama nomme un juge à la Cour Suprême pendant une année électorale. Graham a traité Trump de crétin et d’idiot dans la campagne à l’investiture républicaine.


À la veille des élections présidentielles qui divisent plus que jamais les Américains, Normand Lester dresse, dans son nouveau livre Stupides et dangereux. Les États-Unis à l’ère de Trump, un portrait sombre des États-Unis alors que les tensions sociales, raciales et politiques sont à leur paroxysme.

En vente dès maintenant.