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Plus de 50% des arrondissements de Montréal ne respectent pas la Charte de la langue française

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Dix des dix-neuf arrondissements de la métropole, ainsi que la ville-centre, n'ont pas de certificat de conformité à la Charte de la langue française, selon des données obtenues par TVA Nouvelles.

Ces arrondissements ne se sont pas conformés depuis 18 ans à cette mesure implantée par l’Office québécois de la langue française (OQLF). Un manquement qui doit être corrigé rapidement, réclame le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette. 

  • Écoutez l'analyse d'Antoine Robitaille et de Caroline St-Hilaire avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

«Cette situation-là est totalement inacceptable et, moi, je veux vraiment m'assurer que la Ville de Montréal puisse obtenir son certificat de francisation, incluant la ville-centre. Ce n'est pas normal que la plus grande ville francophone en Amérique du Nord ne soit pas certifiée par l'OQLF en intégralité», a clamé le ministre responsable de l’application de la loi 101.

Le certificat de francisation est un outil supplémentaire dont s’est doté l’Office pour pouvoir faire un état de la situation de la francisation dans un organisme, dont un arrondissement.

«Montréal, ça doit être le vaisseau amiral de la langue française. Il faut que Montréal exerce un rôle prédominant dans la promotion, dans la valorisation, dans la défense du français. Je suis très inquiet pour la situation linguistique à Montréal. Il va falloir s'assurer d'avoir des mesures précises pour l'île de Montréal, pour la Ville de Montréal en matière de francisation», a souligné M. Jolin-Barrette, qui planche sur un plan d’action pour protéger et promouvoir la langue française.  

  • Écoutez l'éditorial de Pierre Nantel sur LCN et sur QUB radio:    

Des arrondissements déjà montrés du doigt

En août, une enquête de l’OQLF avait révélé que 50% arrondissements ont exigé l'anglais à l'embauche et que 20% ont demandé à leurs employés qu'ils parlent anglais aux collègues et aux gestionnaires.

«Il faut que l'État québécois soit exemplaire, incluant la Ville de Montréal, il faut surtout faire en sorte que la Ville de Montréal, par ses gestes, par ses actions, par ses politiques linguistiques à l'interne, montre l'exemple pour faire en sorte que ce soit un environnement francophone à Montréal», a insisté Simon Jolin-Barrette.

La Ville de Montréal réagit

En raison de la crise de la COVID-19, l'Office québécois de la langue française a offert un délai de deux semaines à la Ville de Montréal pour qu’elle se conforme, nous écrit-on.

La Ville compte déposer son dossier d'ici la fin du mois afin de respecter toutes les normes de protection et de mise en valeur du français dans l'ensemble de ses services.

On explique notamment que chaque arrondissement a la responsabilité de faire valider son certificat auprès de l'OQLF.

Au cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, on encourage les arrondissements à obtenir leur accréditation le plus rapidement possible. On souligne que la Ville de Montréal a à cœur son statut de métropole francophone d'Amérique, et on met de l'avant de nombreuses mesures de protection et de valorisation de la langue française.

«Notre administration est également la première à avoir nommé une élue responsable de la langue française au comité exécutif de la ville», a souligné un porte-parole du cabinet de Valérie Plante.

  • Écoutez l’entrevue de Simon Jolin-Barrette à QUB radio

Les arrondissements non conformes:        

  • Ville-centre de Montréal    
  • Ahuntsic-Cartierville    
  • Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce    
  • Pierrefonds-Roxboro    
  • Lachine    
  • LaSalle    
  • Montréal-Nord    
  • Saint-Laurent    
  • Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles    
  • Saint-Léonard    
  • Sud-Ouest