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Une présence historique pour Abraham Toro

Une présence historique pour Abraham Toro
Photo AFP

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En se présentant au bâton pour les Astros de Houston, mardi soir, Abraham Toro a marqué l’histoire du baseball québécois en devenant seulement le deuxième joueur né et ayant grandi dans la Belle Province à participer à une rencontre éliminatoire du baseball majeur. 

Avant lui, selon ces mêmes critères, seul le lanceur Éric Gagné a pris part aux séries, trois fois plutôt qu’une, en 2004, 2007 et 2008. L’artilleur originaire de Mascouche a notamment gagné la Série mondiale, en 2007, avec les Red Sox de Boston.

Le nom du receveur Russell Martin, né en Ontario mais ayant vécu son développement comme joueur de baseball au Québec, peut raisonnablement être ajouté à la liste. Et si on veut être chauvin, il y a le Dominicain Vladimir Guerrero fils, natif de Montréal, qui a également participé aux éliminatoires, avec les Blue Jays de Toronto, en 2020. Chose certaine, les Québécois ayant vécu une telle d’expérience se comptent sur les doigts d’une seule main.

Un but sur balles

Dans le cas de Toro, il a été envoyé au bâton comme frappeur suppléant par le gérant des Astros, Dusty Baker, en neuvième manche, dans une défaite de 5 à 2 contre les Rays de Tampa Bay, mardi. Combatif, l’athlète de 23 ans ayant grandi à Greenfield Park a fait face à huit lancers, y allant de quatre fausses balles, pour finalement soutirer un but sur balles.

«Je suis très heureux pour lui et avec cette excellente présence, connaissant Dusty Baker, il a certainement aimé ce qu’il a vu et il n’hésitera pas à l’utiliser à nouveau si l’occasion se présente et si la série contre les Rays se prolonge un peu», a observé l’ancien lanceur québécois Claude Raymond qui, depuis son domicile de Saint-Jean-sur-Richelieu, suit attentivement le déroulement des présentes séries.

Concernant le faible nombre de Québécois ayant participé aux séries du baseball majeur dans l’histoire, celui qui a été coéquipier avec Baker chez les Braves en 1968 et 1969 rappelle évidemment que le format éliminatoire était bien différent à l’époque où il jouait.

«Avant 1969, il y avait seulement deux équipes qui passaient et elles s’affrontaient pour la Série mondiale», a-t-il noté.

Passer proche

Malgré tout, Claude Raymond se souvient lui-même avoir passé près de participer aux éliminatoires, à deux reprises. À ses débuts, en 1959 avec les White Sox, le Québécois a pris part à trois matchs en saison régulière, mais il n’était plus avec l’équipe lorsque Chicago a perdu la Série mondiale contre les Dodgers de Los Angeles cette année-là.

«En 1969, j’étais avec les Braves d’Atlanta jusqu’au 19 août, nous étions au premier rang quand on a placé mon nom au ballottage et les Expos m’ont réclamé, s’est souvenu le Québécois aujourd’hui âgé de 83 ans. C’est le plus proche que je suis passé de participer aux séries.»

Un mois et demi plus tard, les Braves affrontaient les Mets de New York lors de la première série de championnat de la Nationale dans l’histoire. Le club d’Atlanta avait alors subi un balayage en trois matchs.

«J’y pense jamais à ça, je suis très satisfait de ma carrière, a ajouté M. Raymond. Il y a beaucoup de bons joueurs de mon temps qui n’ont jamais participé aux éliminatoires.»

Un bel avenir devant lui

À propos de Toro, Claude Raymond croit qu’il continuera de faire sa place chez les Astros alors que le club est vieillissant.

«J’ai hâte de voir l’an prochain, il risque de jouer plus souvent, a-t-il prédit. C’est un frappeur ambidextre et il peut jouer à différentes positions en défensive. C’est toujours bon d’avoir des joueurs aussi polyvalents.»