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Faut-il revoir le modèle québécois en entrepreneuriat?

Quebec
Photo le Journal de Québec, Stevens LeBlanc Alain Aubut.

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L’édition 2019 diffusée cet été de l’indice québécois en entrepreneuriat de la Fondation de l’entrepreneuship présente un portrait complet sur l’évolution des dix dernières années de l’entrepreneuriat au Québec.  

D’abord, le taux d’entrepreneurs propriétaires au Québec qui était de 7,2 % de la population en 2009 n’est plus que de 6,2 % en 2019. De plus, les fermetures ont plus que doublé, passant de 6,0 % en 2009 à 12,7 % en 2019. 

Ces indicateurs sont d’autant plus étonnants lorsqu’on constate que l’intention d’entreprendre des Québécois a bondi de 7,0 % en 2009 à plus de 20 % en 2019. Il en va de même quant aux démarches pour démarrer une entreprise qui étaient d’un faible 2,8 % en 2009 et qui se sont multipliées pour atteindre 9,7 % en 2019.

Cette tendance est encore plus criante chez les 18-34 ans, avec un taux d’intention de plus de 30 % et de démarches à 15,8 %, soit plus que la moyenne québécoise dans les deux cas. Et pendant ce temps, le nombre de jeunes propriétaires stagne autour de 3 % depuis 10 ans, sans oublier les fermetures qui sont passées à 10 % en 2019, affectant négativement la performance globale de l’entrepreneuriat au Québec.

Le constat des dix dernières années démontre assez clairement que le modèle québécois en entrepreneuriat est davantage orienté sur la sensibilisation et l’aide au démarrage, plutôt qu’à la croissance et à la survie des entreprises.

Ces données basées sur 10 ans d’analyse démontrent que le temps est venu de revisiter le modèle québécois en entrepreneuriat, et ce tant au niveau gouvernemental que celui des organismes œuvrant en entrepreneuriat ou des partenaires issus du secteur privé.

Quelques pistes de réflexion :  

  • Est-il encore pertinent de soutenir autant de programmes et d’organismes tournés vers les “start-ups” ou jeunes pousses, alors que les résultats ne sont pas au rendez-vous?  
  • Une analyse approfondie des programmes et organismes, basés sur des indicateurs précis de rétention des entrepreneurs et la pérennité des entreprises (particulièrement chez les 18-34 ans), mériterait-elle d’être mise à jour?  
  • Faut-il plutôt bonifier l’accompagnement et le support aux entreprises existantes afin d’assurer leur développement dans la durée, ce qui favoriserait une croissance du taux de propriétaires tout en diminuant les fermetures?  
  • Le secteur privé, les organismes ainsi que les instances gouvernementales devraient-ils travailler davantage en synergie plutôt qu’en silo, notamment afin d’éviter les dédoublements (comme c’est trop souvent le cas en entrepreneuriat au Québec) mais également de faciliter l’accès aux services pour les entrepreneurs?     

La question est posée : faut-il revoir le modèle québécois en entrepreneuriat? C’est encore plus d’actualité dans le contexte actuel alors que le monde change et évolue à grande vitesse. 

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