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Des leaders autochtones encouragés par la rencontre d'urgence sur le racisme en santé

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard
Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard

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Des leaders autochtones se sont montrés encouragés par la réunion de vendredi sur le racisme envers des membres des Premières Nations dans le milieu de la santé, mais certains craignent qu’une éventuelle chicane fédérale-provinciale autour du champ de compétence de la santé devienne un obstacle dans ce dossier.

«On n’a rien à gagner à travailler en vase clos avec le Québec et d’ensuite travailler en parallèle avec le fédéral. On est conviés à un même rendez-vous», a dit en entrevue le chef du Conseil des Attikameks de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

Le leader autochtone de la communauté de Joyce Echaquan – cette mère de sept enfants morte sous le coup d’insultes racistes à l’hôpital de Joliette – espère qu’Ottawa et Québec mettront de côté leurs désaccords pour offrir, ensemble, un meilleur accès à des services de santé de qualité pour les membres des Premières Nations.

«Ça fait trop longtemps que ça dure», a-t-il ajouté en insistant sur l'urgence de la situation.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a abondé dans le même sens après avoir pris part à la rencontre virtuelle qui a réuni plus de 400 personnes.

«Il y a quand même des précédents, le principe de Jordan notamment [...], où il y a une reconnaissance qu’on ne peut pas s’éterniser à discuter des conflits de compétence quand la vie de personnes est en jeu», a-t-il soutenu.

La réunion de vendredi, qui a été convoquée d’urgence par Ottawa dans la foulée de la mort de Joyce Echaquan, visait surtout à entendre les témoignages de professionnels de la santé autochtones qui vivent le racisme au quotidien dans leur milieu de travail.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a fait savoir que la responsabilité des ordres professionnels, au niveau déontologique, a été abordée. Il a dit espérer que les gouvernements provinciaux collaborent et ne s’en tiennent pas seulement à défendre «jalousement» leur juridiction provinciale en matière de santé.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller
Photo d'archives, AGENCE QMI
Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller

«Ce que tout le monde a retenu, c’est qu’il y a beaucoup de travail à faire. Le racisme systémique ne va pas être éliminé du jour au lendemain, mais ce n’est pas une excuse pour ne pas agir maintenant», a-t-il ajouté.

Une rencontre de suivi se tiendra en janvier et un plan d’action sera élaboré, a-t-il indiqué.

Le nouveau ministre québécois des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, était au rendez-vous vendredi. Dans une déclaration transmise par son bureau, il a assuré être déterminé à faire avancer les choses pour que les Autochtones regagnent leur confiance dans le système de santé.

«Nous savons que la tragédie survenue à Joliette n’est pas un événement isolé et les témoignages entendus aujourd’hui nous le rappellent encore une fois.»

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