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Trop incompétent pour un coup d’État

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Si Donald Trump est défait aux urnes, plusieurs craignent qu’il cherche à s’accrocher au pouvoir à tout prix. Il en serait fort probablement incapable.

Alors que les chances d’une victoire électorale de Donald Trump s’étiolent, les craintes qu’il cherche à rester en poste par tous les moyens ne s’estompent pas.

Les années de sa présidence ont en effet été marquées par une dérive autoritaire qui permet de craindre ce genre de scénario, mais faut-il vraiment craindre qu’il puisse réussir à s’accrocher au pouvoir s’il est confronté à une défaite aux urnes ? 

Des craintes légitimes

Donald Trump refuse de s’engager à une passation pacifique des pouvoirs en cas de défaite. Il affirme, sans preuve, que l’élection sera inévitablement entachée de fraude et que tout résultat qui le désavantagerait serait suspect et illégitime.

Il entretient activement le doute sur ce qu’il pourrait faire au lendemain d’une élection qui lui serait défavorable, ce qui justifie les craintes qu’il puisse planifier ce qui aurait tout l’air d’un coup d’État.

Ces craintes ne sont pas sans fondement, mais les institutions électorales américaines ne sont pas si fragiles que cela et les chances qu’on se retrouve dans une telle situation sont minces.

Incapacité démontrée

Même si on peut concevoir que Trump puisse conserver la présidence en dépit d’une défaite aux urnes, la voie serait parsemée d’obstacles. Pour les franchir, il faudrait que Donald Trump et son entourage fassent preuve d’une capacité de planification stratégique qu’ils ne possèdent tout simplement pas. 

Pour s’en convaincre, il suffit de constater à quel point sa campagne a perdu les pédales. Par exemple, même s’il a absolument besoin de leurs votes, Trump fait tout pour repousser les aînés et les femmes des banlieues. Il n’a même pas pu convaincre son propre parti de passer un plan de relance d’urgence avant l’élection.

Pour s’accrocher au pouvoir, Trump aurait besoin d’alliés dans la hiérarchie militaire, au FBI et à la CIA, mais il a tout fait pour s’aliéner ces institutions et personne ne le suivrait. Il n’est pas non plus garanti que tous les juges conservateurs de la Cour suprême l’appuient s’il concocte une contestation judiciaire bâclée et cousue de fil blanc.

Trump aurait aussi besoin de mobiliser l’opinion en sa faveur, mais les plus grands mouvements de foules viendraient certes de ses opposants. Bon nombre de républicains qui l’ont suivi jusqu’à maintenant pourraient juger que les risques pour leur propre avenir politique de plonger le pays dans une crise constitutionnelle seraient trop grands.

Encore des menaces sans suites

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump fait des menaces qui dépassent sa capacité de livrer la marchandise. 

Il n’y a pas longtemps, par exemple, il menaçait d’exposer « le plus grand scandale politique de tous les temps » qui mènerait ses adversaires politiques en prison, y compris Hillary Clinton, Barack Obama et Joe Biden. L’affaire n’est allée nulle part.

On peut fort bien croire et craindre que Donald Trump ait la volonté de s’accrocher au pouvoir malgré une défaite électorale, mais on peut douter qu’il en ait la compétence.