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Acheter la paix

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Bulles familiales, perches et lavages de mains frénétiques, voilà ce dont aura l’air l’Halloween dans le «nouveau normal». On avait eu une pratique, l’an dernier, alors que la fête avait été repoussée pour cause de mauvais temps. J’aurais pensé qu’avec une pandémie mondiale, on annulerait cette célébration du sucre raffiné.

Je comprends que l’Halloween est la fête préférée de bien des enfants. C’est la mienne, aussi. J’adore déguiser les petits, passer par les maisons et rentrer au bercail pour constater l’étendue du butin familial. 

J’aime arbitrer les échanges («je te donne une barre de chocolat contre deux mini-sacs de chips») avant d’aller manger beaucoup trop de bonbons devant un film de peur. 

On aurait pu se réinventer

C’est d’ailleurs ce que je m’étais promis de faire cette année : respecter la tradition tout en suivant les règles sanitaires. C’est pourquoi l’annonce du gouvernement m’a laissée perplexe. 

Alors que monsieur Legault nous a bien spécifié, récemment, qu’il n’était pas là pour prendre des décisions populaires et que son mandat était de gouverner en tenant compte des recommandations de la Santé publique, je me questionne. 

Enfants rois

Est-ce qu’on a voulu acheter la paix? Est-ce qu’on a voulu nous gaver de nananes avant de prolonger le fameux «28 jours»? 

Je ne suis pas dans le secret des dieux, et je veux bien croire qu’avec tout ce qui leur tombe dessus, nos enfants ont besoin d’être égayés, mais je considère que faire du porte-à-porte, c’est prendre un risque pour rien. 

D’ailleurs, quand j’ai demandé au virologiste Benoit Barbeau s’il ferait passer l’Halloween à ses enfants, sa réponse fut sans équivoque : «Non!» 

Legault agit en bon père de famille depuis le début de la pandémie. Il sait donc que c’est beaucoup plus facile de dire oui. Mais il sait aussi que tout bon parent, pour le bien des enfants, doit parfois dire non.