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Encourager l’achat local au-delà des bonnes intentions

Encourager l’achat local au-delà des bonnes intentions

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Au printemps dernier, tout semblait indiquer qu’une vague d’engouement pour l’achat local allait déferler sur la province. La solidarité envers les entreprises québécoises, durement affectées par la pandémie, allait passer par notre portefeuille.

Quelques mois plus tard, la petite révolution de la consommation locale s’est-elle matérialisée?  

Un chemin pavé de bonnes intentions  

Selon un sondage Léger en avril, 87% des Québécois considéraient qu’il était important d’acheter local. Plus de la moitié des personnes sondées envisageaient d’augmenter leur consommation de produits d’ici. 

La réalité a cependant trahi ces bonnes intentions.   

En juin, c’était seulement 5% des Québécois qui auraient davantage dépensé pour des produits québécois, selon Léger.  

Comment expliquer cet écart? 

Une définition pas toujours claire  

Le livre québécois livré par Amazon compte-t-il comme un achat local quand on sait qu’une portion considérable du prix enrichira Jeff Bezos?  

Les grains moulus par le petit café indépendant sont-ils cultivés sur les rives du Saint-Laurent? (Bien sûr que non!) 

Et le franchisé d’une grande bannière américaine qui crée de l’emploi et s’approvisionne auprès de producteurs locaux n’est-il pas lui aussi un entrepreneur de chez nous? 

On comprend donc que l’achat local puisse porter à confusion puisqu’il repose sur trois éléments qui ne sont pas toujours en harmonie:    

  • Le lieu de résidence du siège social    
  • L’emplacement du commerce et du local de fabrication    
  • La provenance des ressources et des matériaux       

Lequel doit-on prioriser? 

Des impacts positifs concrets  

À moins de vivre en simplicité volontaire extrême, il est impossible d’adhérer à l’achat local pur et dur. Il s’agit plutôt de se conscientiser et de faire des choix (ou encore des sacrifices) susceptibles de générer de plus grandes retombées économiques, environnementales ou sociales. 

Quelques exemples :  

Pour la facture d’épicerie, on doit surtout viser la réduction du trajet parcouru par l’aliment afin d’en minimiser l’empreinte écologique et de soutenir les producteurs d’ici. Les données varient selon les études, mais il n’est pas rare que ce qui se retrouve dans notre assiette ait voyagé plus de 2000 km. Pour ne pas défoncer son budget, ça exige de choisir des produits en saison et de réduire sa consommation de certains aliments.  

Nos créateurs de mode peinent à rivaliser avec les grandes marques mondiales étant donné la différence considérable des coûts de production. Payer plus pour un morceau fabriqué ici doit donc être perçu comme un investissement dans l’économie et la main-d’œuvre du Québec.  

C’est sensiblement la même chose lorsqu’on se procure un bien d’ailleurs dans une boutique indépendante. Au lieu de voir le gros de notre dépense rapatrié dans un lointain siège social, c’est tout l’écosystème commercial à proximité qui finit par en profiter... 

Tout comme l’épargne, l’achat local demande une certaine discipline budgétaire et les vrais bénéfices peuvent être constatés à long terme avec chaque petit geste.

Un effort collectif   

Il n’en revient pas qu’aux consommateurs de soutenir la santé financière des PME et des fleurons québécois. On pense évidemment au rôle à jouer des gouvernements, mais les entreprises demeurent les premières responsables de leur sort.  

Trop nombreuses sont celles qui ont lésiné sur le virage numérique au cours des dernières années. À cet égard, les mesures de confinement auront au moins servi à plusieurs commerçants de rattraper le retard en adaptant leur modèle d’affaires. S’il est certainement difficile de se battre contre des multinationales, c’est aux entrepreneurs d’ici de proposer des produits de qualité et de développer leur expertise en marketing web pour rejoindre les Québécois.  

Tout comme le combat contre la COVID-19, il en revient en chacun de faire sa part!

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