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Gallagher: l’incontournable

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Marc Bergevin tient parole. Il avait clairement indiqué que Brendan Gallagher était un joueur indispensable chez le Canadien.

« Dans son cas, ça ne se limite pas uniquement aux statistiques, mais bien à l’impact qu’il exerce au sein de la formation. À chacune de ses présences sur la patinoire, il ne se contente jamais de demi-mesures. »

Pourtant, la veille de l’annonce d’un pacte de six ans, l’agent de Gallagher, Gerry Johansson, déclarait à des journalistes de Toronto que les négociations étaient rompues.  

Puis, on a parlé d’une incompréhension entre les deux clans au sujet de certaines clauses et que, par conséquent, il y avait un désaccord profond.  

Incompréhension ? Non.

Johansson savait que le Canadien n’avait aucunement l’intention de mettre un terme à son association avec Gallagher et, d’un autre côté, Bergevin désirait respecter le modèle d’affaires implanté pendant la pandémie.

En d’autres mots, l’âge de 34 ans semble le point le plus important. Dans le cas de Gallagher, une exception. Il aura 36 ans quand prendra fin son entente. Et dans les faits, si on fait à un calcul rapide, il s’agit pratiquement d’une entente de sept ans, puisque le petit ailier droit disputera la dernière année de son présent contrat cette année, à raison de 3,750 M$.

S’agit-il malgré tout d’un pari comportant des risques importants pour Bergevin ?

Assurément.

Dans une ligue où la parité est plus présente que jamais, alors que les joueurs sont plus imposants que jamais et que la rapidité est plus en évidence que jamais, oui c’est un gros risque.

Aucune limite

Gallagher se défonce à chacune de ses présences sur la patinoire. Il ne s’impose aucune limite. C’est pourquoi il parvient à se démarquer dans un monde de géants. Mais le prix à payer pour maintenir les standards qu’il a établis est énorme.

Pourra-t-il justement maintenir le rythme ?

Les joueurs avec des petits gabarits ont éprouvé des difficultés, l’hiver dernier. Enfin, plusieurs d’entre eux. Et, pendant les séries éliminatoires, ça ne s’est pas amélioré. Gallagher, lui-même, étant limité au niveau de la production.

Peut-il encore marquer 30 buts ?

La situation a changé. Il y a maintenant Josh Anderson et Tyler Toffoli sur le flanc droit. Les deux obtiendront des minutes importantes en supériorité numérique. Toffoli peut même jouer à court d’un joueur.

Par contre, il ne fait plus de doute que les décideurs du Tricolore ont vite conclu que sans Gallagher, ils ne peuvent atteindre les objectifs fixés. Parce que maintenant, les actions prises au cours des dernières semaines confirment qu’on ne pense plus uniquement en fonction d’une participation aux séries éliminatoires. D’aspirant aux séries, le Canadien croit plutôt à un parcours nettement plus long en séries éliminatoires.

Le CH s’est donné les moyens pour foncer tête première.

Emplettes

Il n’y a aucun directeur général qui a jonglé aussi habilement avec ses effectifs et son budget de gestion que Bergevin. Il n’attendait qu’un élément déclencheur pour concocter un plan d’attaque où chaque position serait renforcée.

Le récent parcours du Canadien en séries lui a fourni plusieurs réponses à ses interrogations.

A-t-il complété ses emplettes ?

Non.

Si une aubaine se présente, et il y en aura, ou encore si jamais un homologue l’invite à une longue réflexion sur une transaction qui lui permettrait d’ajouter encore plus de punch sur le flanc gauche, il n’hésitera pas.

Et le plafond salarial ?

Il bénéficie de quelques mois pour faire les ajustements qui s’imposent, pour faire le grand ménage dans la masse salariale, pour respecter le règlement limitant les équipes à des engagements totalisant 81,5 M$. Il devra présenter la liste de ses effectifs deux jours avant le début de la prochaine saison.

Peut-on parier que des joueurs dont les noms apparaissent présentement sur la liste des effectifs changeront d’adresse ? Et peut-être qu’un autre patineur s’ajoutera ?

Restez aux aguets.