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Justine Dufour-Lapointe heureuse d’avoir enfin mal aux pieds

Justine Dufour-Lapointe heureuse d’avoir enfin mal aux pieds
PHOTO COURTOISIE

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«De remettre mes bottes de ski et d’avoir les pieds qui font mal, c’était un bon “feeling”.» 

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À 26 ans, la championne Justine Dufour-Lapointe demeure parmi les plus beaux espoirs du Canada pour obtenir une médaille aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022. Médaillée d’or aux Jeux de Sotchi, en 2014, elle compte également une décoration argentée obtenue à Pyeongchang, il y a un peu plus de deux ans. Grimper pour une troisième fois sur le podium olympique, c’est son nouvel objectif, COVID-19 ou pas.

«Les prochains Jeux olympiques, c’est un stress de tous les jours, vient-elle d’abord résumer, elle qui est fraîchement revenue d’un camp d’entraînement avec l’équipe canadienne de ski acrobatique s’étant déroulé à Zermatt, en Suisse. Premièrement, est-ce que ça va avoir lieu? Et est-ce que ça aura lieu à la date prévue? Mais en réalité, on ne peut pas avoir ce questionnement-là tous les jours parce que ça deviendrait difficile de gérer ses émotions. Il ne faut pas perdre d’énergie là-dessus. On doit contrôler ce qu’on peut contrôler.»

Un climat d’incertitude

Dans la dernière année, avec la pandémie de COVID-19, il a été beaucoup question des athlètes ayant vécu le report des prochains Jeux olympiques d’été, à Tokyo. Le climat d’incertitude vient toutefois, à n’en point douter, déranger également la préparation de ceux qui visent une participation aux Jeux d’hiver, en février 2022.

Au lieu de s’en faire inutilement, Justine Dufour-Lapointe s’efforce à apprécier les petites choses, comme le fait d’avoir eu mal aux pieds en chaussant ses bottes de ski pour une première fois depuis trop longtemps.

«Pour nous, de ne pas skier pendant six mois, c’est totalement anormal, dit-elle, à propos de la pause forcée ayant précédé le récent camp d’entraînement en Suisse, du 21 septembre au 10 octobre. C’était bizarre, au début. Dans le contexte actuel, j’avais l’impression que je n’étais pas censée être là, mais ça faisait du bien de retrouver le style de vie auquel nous sommes habitués. Je suis juste heureuse d’avoir pu skier. C’était un sentiment de liberté.»

Préparation limitée

Si les conditions climatiques ont limité les skieurs canadiens à seulement une dizaine de journées d’entraînement sur les pistes, Justine Dufour-Lapointe a cru bon d’en profiter pour faire quelques randonnées pédestres dans les montagnes. Profiter du voyage et de la beauté des paysages avec sa grande soeur Chloé.

«Tout ce qu’on a vécu dernièrement, ç’a permis de se reconnecter avec les choses simples, comme la nature», laisse-t-elle tomber.

Malgré tout, on sent que Justine aurait pris volontiers quelques jours de plus sur les pistes de Zermatt. Une trop forte accumulation de neige a contrecarré les plans tout comme certaines journées plus venteuses.

«En ce moment, ce qui est difficile, c’est le peu de temps qu’on a pour se préparer pour la saison, convient Justine, en parlant du premier rendez-vous de la Coupe du monde au début du mois de décembre à Ruka, en Finlande. Mais il ne faut pas y penser pour éviter d’être trop anxieuse. C’est comme pour les prochains Jeux olympiques.»

- À l’extérieur des pistes, Justine Dufour-Lapointe sera ambassadrice, tout comme ses sœurs Maxime et Chloé, pour PROCURE et la campagne Noeudvembre 2020. Le mouvement vise à sensibiliser la population au cancer de la prostate.

Chloé Dufour-Lapointe: une flamme rallumée

Justine Dufour-Lapointe heureuse d’avoir enfin mal aux pieds
Photo d'archives, Martin Chevalier

Comme sa petite soeur Justine, Chloé Dufour-Lapointe est rentrée, en début de semaine, du camp d’entraînement de l’équipe canadienne de ski acrobatique, en Suisse. Elle est revenue ressourcée, regaillardie, convaincue également qu’elle prend la bonne décision de poursuivre sa carrière jusqu’aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022.

«Je veux me faire plaisir et participer aux prochains Jeux», dit l’athlète de 28 ans, qui vise une quatrième présence olympique à l’épreuve des bosses.

À Zermatt, en Suisse, elle a retrouvé ses skis pour la première fois en plus de six mois. C’était un retour sur les pentes enneigées, un contact avec les montagnes, mais aussi avec son nouvel entraîneur Freddy Mooney.

«Avant je travaillais surtout avec Michel Hamelin et je m’entends toujours bien avec Michel, mais j’avais besoin d’un changement, j’avais besoin d’entendre de nouveaux mots, indique-t-elle. Avec Freddy, ça vient redonner une nouvelle flamme à mon ski. Je suis contente, j’ai ouvert un nouveau chapitre.»

Une nouvelle flamme, un peu comme celle qu’elle pourrait apercevoir dans la vasque olympique, en Chine, dans moins de 16 mois.

Pause salutaire

La pandémie de COVID-19 cause inévitablement une période d’incertitude chez de nombreux athlètes. Or, Chloé Dufour-Lapointe en a profité pour procéder à une rétrospection, voire même une introspection.

«C’est drôle à dire, mais ç’a m’a fait du bien la COVID, affirme celle qui doit respecter actuellement une quarantaine de 14 jours. J’avais besoin d’éclaircir des choses et le défi, c’est d’avoir le temps pour le faire. Que je le veuille ou non, mes résultats n’ont pas été satisfaisants dans les deux dernières années et c’était nécessaire pour moi de m’arrêter et me demander ce que je veux. C’était le bon temps pour moi de retomber en amour avec mon sport.»