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Les séquelles de la COVID-19 sur nos aînés

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Le confinement du printemps dernier a été une période éprouvante, particulièrement chez les aînés. Quels sont les impacts de cet événement pour cette population et comment entrevoir la deuxième vague qui s’amorce?

«C’est certain qu’on leur en a demandé plus qu’aux autres en leur disant d’éviter toute sortie», admet à La Semaine le Dr David Lussier, de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Ce dernier constate que plusieurs personnes âgées ont non seulement vécu de l’isolement, mais ont aussi perdu beaucoup d’autonomie. «Certains ont perdu de la mobilité ou de l’équilibre. Pour d’autres, les séquelles sont davantage sur le plan cognitif, comme la mémoire», détaille-t-il.

Cette période a également été difficile sur l’humeur et l’anxiété pour tous, y compris les aînés. «Au début du confinement, on constatait une résilience qui était là. On était ensemble là-dedans. Mais maintenant, il y a beaucoup plus de détresse, car on se rend compte que la pandémie perdure», poursuit le Dr Lussier.

Il rappelle que plusieurs activités sociales destinées aux personnes âgées n’ont pas encore repris. De plus, dans le contexte actuel, certains n’ont toujours pas eu la chance de voir leur médecin de famille pour un examen de routine, ce qui peut être insécurisant», souligne le gériatre.

Néanmoins, la crise a permis d’identifier les maillons faibles du système. Au début du mois d’avril, le Dr Lussier a affirmé à «La Presse» que les CHSLD étaient «l’angle mort du réseau», étant donné tous les efforts qui avaient été concentrés du côté des hôpitaux et le fait que les patients de ces centres n’étaient pas comptabilisés dans les hospitalisations. «Ç’a été un coup de barre, confie-t-il. Les CHSLD sont maintenant bien protégés. Je suis assez confiant pour la suite.»

Rassurer et prévenir

Il demeure tout de même difficile de rassurer les aînés et de se rassurer soi-même, alors que le Québec vient d’entrer dans la deuxième vague de la COVID-19. Mais pour le Dr Lussier, il est peu probable qu’on se retrouve dans la même situation qu’au printemps dernier. «Si on revient à un confinement, il ne sera pas total ou pour tout le monde», prévoit-il.

Ce dernier compare la situation à un dégât d’eau dans une maison: on finit par trouver d’où provient la fuite. La santé publique tente justement d’éviter qu’un scénario menaçant ne survienne. «On fait tout ce qu’on peut pour ne pas de nouveau en arriver là», précise le gériatre.

Une responsabilité commune

L’ensemble de la population, y compris les aînés, a d’ailleurs une responsabilité à cet égard. «Il faut que les activités respectent les consignes de la santé publique et qu’on évalue le risque pour chacune d’entre elles.»

Le Dr Lussier convient qu’il n’est pas évident pour les personnes âgées de restreindre leurs activités, car elles sont souvent habitées par un sentiment d’urgence. À ce chapitre, la tenue ou l’annulation de certaines réunions familiales font partie des décisions à prendre. «C’est très difficile pour toutes les familles. On veut se réunir, mais on ne veut pas causer du tort aux autres. Ça pourrait rendre des aînés très malades. On sous-estime parfois ce risque-là.»

Le gériatre estime que l’automne est une période cruciale si on ne veut pas sacrifier le temps des fêtes. «C’est maintenant qu’il faut faire très attention. Il faut penser que nos actions peuvent avoir des conséquences plus tard.»

Tout en gardant cela en tête, soyons tout de même indulgents envers les aînés, souligne pour sa part le Dr Stéphane Lemire, gériatre social. «Il faut se rappeler que ce sont des adultes qui ont pris des décisions toute leur vie. Il faudra qu’à eux aussi, on puisse dire de recommencer à vivre en prenant des mesures comme porter un masque, garder ses distances et se laver les mains», avait-il plaidé en entrevue au «Soleil.»

Des besoins... et des ressources!

Le cauchemar vécu en CHSLD au printemps dernier démontre l’importance des organismes communautaires qui fournissent du soutien à domicile.

-Médecin spécialiste, le Dr Lemire est aussi le fondateur et président du conseil d’administration de la Fondation AGES, un organisme qui offre des services de proximité et de l’information à des milliers d’aînés. Afin de fournir des outils aux personnes âgées et à leurs proches, cet organisme a conçu plusieurs vidéos, dont une formation Sentinelles en gériatrie sociale.

-L’organisme montréalais Les Accordailles est à la recherche de bénévoles pour accompagner des personnes âgées à des rendez-vous médicaux ou encore à l’épicerie. En entrevue à LCN, le coordonnateur Éric Côté soulignait aussi le besoin des aînés de se divertir et de socialiser. «On fait beaucoup d’appels d’amitié, mais ça reste au téléphone; ils aimeraient avoir un contact en personne.»

-Le confinement a aussi fait place à de beaux projets, comme celui de Janette Bertrand, qui a proposé aux aînés d’écrire leurs mémoires. Par l’entremise du centre Avant ge, la dame de 95 ans a publié plusieurs capsules dans lesquelles elle accompagne les participants dans leur processus d’écriture. Selon le Dr Lussier, qui est aussi le directeur de l’organisme, ce projet a permis de faire du bien aux gens dans une période qui favorisait l’introspection.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.