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Virus: la Belgique ferme lundi ses cafés et restaurants pour 4 semaines

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AFP

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BRUXELLES | Cafés et restaurants fermeront en Belgique à partir de lundi pour quatre semaines et un couvre-feu sera en place de minuit à 5 h afin d’endiguer la propagation du coronavirus qui «monte en flèche», a annoncé vendredi soir le premier ministre Alexander De Croo à l’issue d’une réunion de crise du gouvernement. 

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«Semaine après semaine, les chiffres doublent, ils montent en flèche (...) c’est une hausse exponentielle», a justifié le dirigeant libéral flamand, alors que la Belgique est un des pays européens les plus endeuillés par la pandémie (plus de 10 300 morts).

Afin d’«éviter le pire», il a annoncé une série de nouvelles restrictions pour la vie sociale, dont la plus spectaculaire est la fermeture totale du secteur Horeca (restaurants et cafés) pour quatre semaines dès lundi. Une évaluation de la mesure aura lieu à mi-parcours, a précisé M. De Croo, et il y aura un soutien économique des pouvoirs publics.

Jusqu’à présent la fermeture des cafés ne concernait que la région de Bruxelles et courait jusqu’à début novembre. La mesure est donc étendue à tout le pays et concerne également les restaurants, ce que les responsables du secteur ont immédiatement qualifié de «catastrophe».

Autres mesures: la vente d’alcool sera interdite à partir de 20 h et toute sortie sur la voie publique prohibée entre minuit et 5 h, «un couvre-feu» destiné à empêcher les fêtes privées.

Il reste possible d’inviter quatre personnes à la maison à condition de respecter les distances, comme annoncé il y a une semaine, mais le contact dit «rapproché» (sans masque) est désormais limité à une seule personne hors foyer.

Pour le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, «la situation est extrêmement grave» d’un point de vue sanitaire, «il faut éviter le dérapage total en matière de soins de santé».

La Belgique, pays de 11,5 millions d’habitants, recensait vendredi 191 959 cas de coronavirus et 10 327 décès, ce qui en fait un des pays européens les plus endeuillés par la pandémie rapporté à sa population.

Conséquence du net rebond des infections depuis septembre, notamment parmi les étudiants, le rythme des hospitalisations et des décès (touchant surtout les personnes âgées et fragiles) s’est nettement accéléré ces derniers jours.

La région de Bruxelles et plusieurs provinces francophones ont dû activer le second niveau (sur quatre au total) du plan d’urgence national prévoyant de réserver aux «patients COVID» 50 % des lits hospitaliers en soins intensifs.

«Nos hôpitaux sont engorgés (...), les chiffres sont aussi élevés qu’ils ne l’étaient au mois de mars quand on a décidé d’un lockdown (confinement, NDLR)» pour deux mois, a affirmé à la chaîne RTBF le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet.

Plusieurs ministres ont insisté sur la nécessité d’éviter «absolument» le reconfinement et la fermeture des écoles, d’où la sévérité sur les rassemblements publics et privés.

Les entreprises doivent continuer de fonctionner, mais «le télétravail devient la norme pour les fonctions qui le permettent», a aussi dit Alexander De Croo.

Le secteur culturel (théâtres, cinémas, etc.) pourra poursuivre son activité en respectant strictement les protocoles sanitaires existants et les «jauges» mises en place dans les salles.