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Chasse automnale au dindon sauvage

1710 Campeau
Photo courtoisie Mario Huot nous présente deux techniques novatrices, que vous pourrez expérimenter pour la première fois au Québec pour déjouer le dindon sauvage.

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Auparavant, les amateurs ne pouvaient se lancer aux trousses de ces grands gibiers ailés qu’au printemps. Pour la première fois, ils pourront tenter leur chance en octobre soit du 24 au 30.

Les nemrods, titulaires de l’attestation confirmant qu’ils ont réussi le cours sur la chasse au dindon sauvage, pourront se procurer leur permis au montant de 16,80 $ et se diriger vers les zones 4, 5, 6, 7, 8 ou 10 dès samedi prochain.

Nouvelle saison

Lors de la chasse printanière, les passionnés peuvent récolter deux mâles avec barbe.

Pour la courte période à venir de sept demi-journées, car la chasse n’est permise qu’à partir d’une demi-heure avant le lever du soleil jusqu’à midi, les sportifs pourront intercepter un seul dindon sauvage, qu’il soit porteur d’une barbe ou pas. Tout comme au printemps, ils pourront se servir d’un fusil de calibre 10, 12, 16 ou 20 utilisant des cartouches à grenaille de taille 4, 5, 6 ou 7 pour intercepter un mâle ou une femelle. Les armes à poudre noire sont aussi permises tout comme l’arc et l’arbalète. Sachez également que l’utilisation d’un chien d’arrêt ou d’un chien leveur est maintenant autorisée à ce temps de l’année.

L’interdiction d’exploiter un emplacement situé à moins de 100 mètres d’un site où l’on aurait déposé des appas est toujours en vigueur.

Un pro

N’étant pas un expert dans ce domaine, j’ai voulu demander l’opinion de quelques spécialistes. À ma grande surprise, personne ne s’est bousculé à la porte. En fait, aucun d’entre eux n’a déjà expérimenté une chasse automnale de la sorte au Québec puisqu’elle n’était pas permise.

Mario Huot, l’animateur de l’émission Road Hunt à TVA Sports et propriétaire de l’agence Aventures express.com compte plus de quatre décennies d’expérience pour tous les types de chasse à l’échelle mondiale. Ce sympathique Beauceron pourchasse le dindon sauvage depuis 29 ans. Il a récolté des gallinacés dans les états de la Pennsylvanie, de New York, du Wyoming, du Maine ainsi qu’en Ontario et au Québec. « Mes diverses aventures sur le terrain dans plusieurs genres d’environnements et à différents temps de l’année m’ont permis de comprendre le langage de ces magnifiques oiseaux et d’interpréter leurs mœurs et habitudes », expliquait-il.

Totalement distincte

« Il est important de comprendre que la chasse d’automne est en tout point différente de celle du printemps, alors que ces méfiants gibiers sont au beau milieu de leur saison des amours. Un adepte qui imite alors des appels de la femelle en chaleur a de bonnes chances de faire réagir un mâle », précisait M. Huot.

Mario m’informait que la plupart des chasseurs utilisent un amalgame de six calls et qu’il est impératif de bien comprendre la signification de chacun de ceux-ci. Selon ses dires, la période d’accouplement étant terminée depuis belle lurette, il faut réaliser que ces gibiers ailés ne réagiront certainement pas aux glapissements sexuels (yelp).

Stratégies

« Tout comme les orignaux et les chevreuils, les dindons se regroupent pour passer l’hiver. Le cri de rassemblement, qui se nomme le kee kee run, est sans aucun doute celui à prioriser l’automne venu. Les gloussements pour attirer l’attention (cluck), les ronronnements pour indiquer la présence de nourriture (purr), les appels dans l’arbre en début de journée (tree call) et les glouglous du mâle (gobble) peuvent eux aussi faire réagir les spécimens ciblés », assurait celui qui organise également des voyages guidés en Afrique et un peu partout dans le monde. La première approche de Mario consiste à bien analyser les comportements et les déplacements des dindons après leur descente de l’arbre. Il faut savoir et se rappeler que ces oiseaux sont diurnes comme les humains et qu’ils dorment toute la nuit. Leur seul moyen efficace de défense est de se percher en hauteur sur une branche, loin des prédateurs. Lors de la prospection sur le terrain, il faut tenter de trouver leur perchoir de prédilection et de se camoufler efficacement à proximité du sentier emprunté au lever du soleil. Gardez vos distances, soyez à portée de tir et surtout, ne bougez pas, car ils ont une extraordinaire acuité visuelle.

Peu orthodoxe

L’autre technique proposée par M. Huot est vraiment différente des approches conventionnelles. En octobre, les gallinacés aiment socialiser entre eux dans leur champ préféré. Lorsque vous aurez identifié un tel endroit, demandez les permissions nécessaires au propriétaire des lieux. Puis, étudiez les corridors qu’ils utilisent pour y accéder ou en repartir. En vous servant de vos jumelles, localisez à même le champ, un emplacement où vous pourrez vous camoufler pour être tout prêt de l’action. Rendez-vous ensuite à pied à ce site précis. Les dindons s’enfuiront inévitablement lorsqu’ils vous verront arriver. Dès qu’ils auront déguerpi, courez jusqu’à la destination identifiée puis attendez au moins 30 minutes avant de faire quoi que ce soit. Débutez alors une séance d’appels de rassemblement en optant pour le kee kee run et les dindons reviendront exactement à l’endroit où ils étaient précédemment.

Pour en apprendre plus sur le fameux kee kee run, jetez un coup d’œil à la bande vidéo https://www.aventuresexpress.com/video/index.html