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Sale temps pour les propriétaires d’immeubles locatifs

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La pandémie de la COVID-19 et ses conséquences importantes sur la vie des travailleurs et étudiants universitaires pèsent de plus en plus lourd sur les épaules des propriétaires d’immeubles locatifs, victimes en quelque sorte d’une réduction du bassin de locataires.

« C’est beaucoup plus tranquille que par le passé, confirme Raouf Bnh, un agent de location des Appartements Rockhill, un important complexe immobilier de plus d’un millier de logements aux abords du mont Royal. Je ne connais pas le taux de vacance actuel, mais je peux quand même vous assurer que le nombre de chercheurs d’appartements n’est pas ce qu’il était l’an dernier. »

Universitaires manquants

La Corporation des propriétaires d’immeubles du Québec (CORPIQ) constate depuis le début de l’année une hausse marquée du taux d’inoccupation des logements locatifs partout dans la province. 

Dans la métropole, les taux d’inoccupation ont presque doublé depuis février pour s’approcher des 2 %, affirme son directeur des affaires publiques, Hans Brouillette. Si la tendance paraît plus stable à Québec pour le moment, la région de Sherbrooke constatait déjà en juin un triplement de son taux de vacance, à 3,4 %. 

C’est qu’à l’instar des tours de bureaux et de logements des centres-villes devenus déserts, les complexes locatifs érigés aux abords des universités semblent souffrir particulièrement de la fermeture des campus et de l’imposition de l’enseignement à distance.

Primes et mensualités gratuites

Ce serait le cas, comme d’autres, des Appartements LaCité, un vaste complexe locatif construit à quelques rues seulement de l’Université McGill, à Montréal. L’enseignement à distance et la fermeture des frontières avec les États-Unis auraient eu des conséquences quasi immédiates sur la propriété du Groupe Oxford.

Le directeur des ventes, Remi Crisci, a décliné nos demandes d’entretien. Mais, signe des temps, des locataires de LaCité ont bien voulu partagé des courriels de l’administration offrant 400 $ en échange de toute référence à un ami désireux de s’y établir. 

Une technique qui ne surprend guère les habitués du marché. 

« La crainte de ne pouvoir trouver un logement est moins présente aujourd’hui, confirme un autre agent de location, sous le couvert de l’anonymat. Les gens magasinent. Des gratuités d’un mois, deux mois et même trois mois sur signature, ne sont plus si rares », dit-il. 

« D’autres baissent carrément leur loyer. Mais pour ne pas faire chuter la valeur de leurs immeubles, nombreux choisissent d’offrir des gratuités. C’est leur nouvelle réalité. »