/opinion/columnists
Navigation

Audacieuses

Coup d'oeil sur cet article

Quand on pense aux femmes qui peuplent notre Histoire, on a trop tendance à les imaginer discrètes, silencieuses et timorées, menant une vie en couleur sépia comme les portraits figés qui en restent.

Pourtant, leur vie se déroulait bel et bien en couleurs, portée par l’audace et les éclats de voix que Gilles Proulx leur redonne avec son livre Les Audacieuses qui ont façonné le Québec, qu’il présentait hier dans nos pages.

Remarquables

Elles n’avaient pas besoin de la plume d’un auteur mâle pour parler. Le discours d’Irma Levasseur résonne encore à l’hôpital Sainte-Justine qu’elle a fondé. La vie d’Émilie Fortin-Tremblay, petite fille d’Alma qui s’est ruée vers l’or du Yukon, est une série télé qui s’écrit d’elle-même.

Pourtant, nous avons été paresseux à reconnaître aux bâtisseuses de notre histoire la place qui leur revient. Nous n’avons pas été assez volontaires pour leur bâtir des monuments et pour donner leur nom à des rues ou à des ponts. Nous les avions oubliées, comme l’avoue lui-même Gilles Proulx et comme l’a souvent rappelé l’anthropologue Serge Bouchard en racontant plusieurs « remarquables ».

Il faut se réapproprier cet héritage, jadis propulsé par des valeurs qu’on peut qualifier de féministes, mais qui ont pourtant contribué à édifier toute notre société. C’est un enseignement riche pour la suite.

Se raconter

Il ne s’agit pas de refaire l’histoire pour la rendre paritaire. La contribution des femmes dans notre récit, elle est là, elle existe déjà. Reste juste à se la raconter. 

On a voulu la confiner à la sphère privée des familles et elle a été négligée par ceux qui tenaient les annales. 

Mais ne serait-ce que dans la langue que l’on parle, la voix de toutes les mères oubliées s’entend.

Parce que les portraits sur ces photos couleur sépia ne sont pas ceux de personnes mortes. Ce sont des visages bien en vie qui ressemblent à ceux de nos blondes, de nos sœurs, de nos filles et de nos mères. Comment mieux célébrer la contribution actuelle et future des femmes du Québec qu’en rappelant celle qu’elles ont toujours apportée ?