/weekend
Navigation

Faire revivre une époque

C’est comme ça que je t’aime
Photo courtoisie, ICI Télé Scène de C’est comme ça que je t’aime

Coup d'oeil sur cet article

Concevoir l’univers visuel de C’est comme ça que je t’aime a été un véritable sprint olympique pour la directrice artistique Dominique Desrochers et son équipe. En quatre semaines, ils ont multiplié les démarches auprès de Kijiji, d’anciens décorateurs et des collectionneurs de la province pour reconstituer l’atmosphère de Sainte-Foy en 1974, année où se déroule cette incroyable série signée François Létourneau. 

« Nous nous sommes beaucoup inspirés de nos photos d’enfance, explique-t-elle. Mais c’était important de ne pas tomber dans la caricature et que les décors ne prennent pas le dessus sur les personnages. » Ici, nous sommes dans une banlieue des années 70 où vivent des gens ordinaires. Une décennie peut-être pas si lointaine, mais très difficile à faire revivre. « Étonnamment, les années 70 et 80 sont beaucoup plus difficiles à reconstituer que l’époque du début du siècle. C’était l’arrivée des meubles en séries. Tout était plus cheap. Rien n’a été gardé. Les meubles de designers ont traversé le temps, mais ce n’est pas ce que monsieur (et) madame Tout-le-Monde avait dans son salon. » 

Dominique a aussi assuré la direction artistique de Musée Eden et des quatre premières saisons des Pays d’en haut. « Les meubles de cette époque ont été conservés, restaurés. C’est du solide. Pour les années 70, nous sommes à la merci de ce que l’on trouve. C’est un long processus, on a peu de contrôle et c’est plus difficile d’avoir une vue d’ensemble. On loue un entrepôt, on ramasse tout et on se fait un grand magasin pour créer des ensembles. » 

Scène de <i>C’est comme ça que je t’aime</i>
Photo courtoisie, ICI Télé
Scène de C’est comme ça que je t’aime

Dominique et son équipe ont eu le même temps de préparation que pour une série contemporaine pour faire renaître les années 70. Imaginez quand on doit donner vie à un magasin à grande surface (où travaille Serge) ! « On a trouvé de la lingerie qui, en trichant un peu, ressemblait à celle de l’époque. Un armurier nous a fourni les armes. Le plus dur a été pour le mobilier et les électroménagers. Un mois de travail et toutes les scènes ont été tournées en deux jours. » Le sprint olympique, il est là. Sans compter qu’un plateau ressemble à un grand déménagement avec tous les travaux que ça peut engendrer. 

Scène de <i>C’est comme ça que je t’aime</i>
Photo courtoisie, ICI Télé
Scène de C’est comme ça que je t’aime

Bungalow rétro

C’est à Boucherville que la série s’est tournée en grande majorité. « Ça nous prenait des bungalows de banlieue qui n’avaient pas été transformés. Les portes et les fenêtres devaient être originales, la répartition des pièces aussi. Dans la maison de Gaétan et Huguette, nous avons dû refaire le plancher, mettre du prélart, faire faire une porte d’entrée par un menuisier, repeindre les couleurs des murs et même changer le comptoir de la cuisine en mélamine. 

Scène de <i>C’est comme ça que je t’aime</i>
Photo courtoisie, ICI Télé
Scène de C’est comme ça que je t’aime

Chez Serge et Micheline, on a nivelé le terrain pour mettre une piscine d’époque qu’on a peinte. Le sous-sol avait les murs en planches de grange, le bar, les miroirs. On a ajouté les vitres ambrées avec du relief sur les armoires. Nous avons la chance de pouvoir compter sur des propriétaires extraordinaires qui acceptent de nous accueillir, d’être relocalisés, et qu’on modifie leur maison. On en prend grand soin et après le tournage, on remet tout tel que c’était. » 

Actuellement, tout a été remisé. La deuxième saison devrait se tourner au printemps. Le travail pourra maintenant être peaufiné. « J’ai une équipe extraordinaire et chevronnée. On travaille en harmonie. Toute l’équipe de cette production est merveilleuse. Mais ce n’est pas pour rien qu’on ne produit plus de série d’époque au Québec. C’est coûteux et nous avons peu de temps. On se mesure à de grosses séries américaines dont les équipes sont trois fois plus grosses, et les budgets ne sont pas comparables. C’est admirable ce que l’on fait ici. » Cette immersion si juste au cœur des années 70 a permis à Dominique et son équipe de remporter le Gémeaux des meilleurs décors. Rappelons que C’est comme ça que je t’aime a raflé 10 Gémeaux dont celui de la meilleure série dramatique.

Les années 70 et 80 sur nos ondes  

 

Faire revivre les années 70 et 80 est un véritable défi. Ces séries d’ici nous ont permis de replonger dans des souvenirs de cette époque.

Le Négociateur

<i>Le Négociateur</i>
Photo courtoisie
Le Négociateur

(2005-2008 à TVA)
Campée dans les années 70, cette série inspirée d’événements vécus par le chroniqueur judiciaire Claude Poirier suit le reporter de CJKM Mac Cloutier (Frédérick De Grandpré) dans l’ascension de sa carrière, mais surtout sur la piste de malfaiteurs et de mafiosi. 

Mes petits malheurs

(2016 à Radio-Canada)
Cette série mettant en vedette Jean-Michel Anctil et Catherine Proulx-Lemay raconte un été de 1986 au chalet familial du jeune Jeffy alors qu’il entrait dans l’adolescence.
 

Les Lavigueur, la vraie histoire 

<i>Les Lavigueur</i>
Photo courtoisie
Les Lavigueur

(2008 à Radio-Canada)
Triste saga familiale vue à travers le regard d’Yve Lavigueur seul survivant de cette famille ordinaire du Centre-Sud devenue célèbre après avoir remporté le gros lot de 7 millions de dollars à la 6/49. Nous en sommes en 1986 alors que la famille s’entredéchire. 

 

Les années 70 et 80 fascinent  

 

Depuis quelques années, les séries américaines qui se déroulent dans les années 70 et 80 pullulent. Netflix a permis à une nouvelle génération de découvrir l’époque de ses parents. En voici quelques-unes qui touchent la corde nostalgique, qui fascinent ou qui contribuent à rendre ces années plutôt « cool ».

Narcos (2015-2017 sur Netflix)

<i>Narcos</i>
Photo d'archives
Narcos

Nous sommes à la fin des années 70 alors qu’Américains et Colombiens se livrent une lutte sans merci pour le trafic de la cocaïne. On y suit la traque du mythique criminel Pablo Escobar. 

► Disponible sur Netflix 

The Kids Are Alright (2018 sur ABC et CTV)
Cette comédie de situation dépeint le quotidien d’une famille catholique irlandaise de huit garçons dans un Los Angeles de 1972.

Vinyl (2016 sur HBO)
Créée par Martin Scorsese et Mick Jagger, cette série suit un producteur de disques dans les années 70 alors qu’il souhaite remettre sur les rails sa compagnie grâce à de nouveaux artistes et de nouveaux styles.

► Disponible sur Crave et Super Écran

That ‘70s Show (1998-2006 sur Fox)

<i>That 70s show</i>
Photo d'archives
That 70s show

Cette comédie mettait en lumière un groupe d’adolescents d’une banlieue du Wisconsin entre 1976 et 1979. Elle a lancé les carrières d’Ashton Kutcher et Mila Kunis. Les jeunes d’ici ont découvert la série proposée jusqu’à tout récemment sur Netflix.

This Is Us (depuis 2016 sur NBC et CTV)
Cette populaire série flirte avec la fin des années 70 et surtout les années 80. On y suit l’évolution d’une famille dont les trois enfants sont nés en 1980. Bien que la série soit contemporaine, les nombreux flash-back nous ramènent à l’enfance et l’adolescence des enfants devenus adultes. 

► Nouvelle saison dès le mardi 27 octobre à 21 h sur NBC et CTV

Stranger Things (depuis 2016 sur Netflix)

<i>Stranger things</i>
Photo d'archives
Stranger things

Série fantastique très populaire auprès des jeunes, elle a contribué à relancer l’intérêt pour les années 80 et gonflé les abonnements pour la chaîne. On y suit un groupe d’amis happé par des instances surnaturelles qui sévissent dans une petite communauté de l’Indiana.

► Disponible sur Netflix