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Tous mes univers
Photo courtoisie Tous mes univers
Joël Champetier
Alire, 580 pages, 2020

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Un recueil posthume pour un maître de la science-fiction qui saura convaincre même les moins entichés du genre. Place à l’imagination !

Joël Champetier est décédé en 2015 en laissant derrière lui toute une œuvre, une vingtaine de livres, bien connue des amateurs québécois de fantastique et de science-fiction. Il a d’ailleurs reçu de nombreux prix.

En 35 ans de carrière, il a aussi signé plusieurs nouvelles publiées dans différents magazines spécialisés. Elles sont toutes réunies aujourd’hui dans le recueil Tous mes univers, au grand plaisir des admirateurs de Champetier.

Mais c’est aussi une formidable porte d’entrée pour ceux et celles moins familiers avec ce genre littéraire. L’imagination de Joël Champetier est si fertile qu’il y a de quoi plaire à tout le monde dans ces 33 textes des plus variés et de toutes les longueurs – ça va d’une seule page à une trentaine.

Envie de polar ? Le meurtre qu’on tente de dissimuler dans la navette de la nouvelle Survie sur Mars fera l’affaire. Désir de poésie ? Le chemin des fleurs raconte avec une métaphore tout en délicatesse comment un patient ressent la lobotomie qu’il a subie.

Besoin d’action ? Petite peste nous met dans la peau d’une ado de 14 ans qui se retrouve prisonnière d’un vaisseau spatial détourné par des pirates. De frisson ? Bienvenue à l’hôtel Embassy mis en scène dans L’heure de départ.

C’est plutôt la réflexion qui vous tente ? Il ne manque pas de nouvelles troublantes dans le recueil, mais se détache Salut Gilles. Ce récit de science-fiction raconte le quotidien d’une équipe médicale chargée d’éliminer des nouveau-nés non désirés, puisque l’avortement est permis jusqu’à 48 heures après la naissance... 

Heureusement, Joël Champetier manie aussi l’humour. Ainsi de la très courte nouvelle L’Onomastique du futur, qui nous envoie dans une époque où il est interdit à deux individus de porter le même nom. Tant pis pour les Jacques Côté ou John Smith, bienvenue à Htrewa Vvfrt !

De même, un sourire en coin traverse toute la nouvelle Luckenbach, les mathématiques, et autres dangers de Montréal, plus costaude. Ça commence d’ailleurs par une remise de prix scientifique qui vire à la bagarre !

Malgré cette inventivité débordante, la science-fiction de Champetier reste accessible, voire proche de « notre » univers.

œuvre versatile

Ainsi, une nouvelle s’ouvre sur la toilette d’un vaisseau spatial qui déborde, incident domestique qui va virer au drame. Un des récits se passe à Verdun ; dans un autre, un protagoniste va skier au mont Sainte-Anne. Et même envolés vers de lointaines planètes, on déjeune de crêpes, d’œufs brouillés et de café. 

Dès lors, quand l’action se déroule dans un monde imaginaire (car on croise aussi des ogres dans cette œuvre !), l’intérêt est déjà tel pour ce que l’auteur invente qu’on adhère sans réserve au scénario proposé. 

Et cela confirme que ce recueil en forme d’hommage a bien raison d’exister !