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Un chef politiquement incorrect

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Savez-vous ce que j’aime particulièrement de Paul St-Pierre Plamondon, le nouveau chef du PQ ?

Le fait qu’il n’a pas peur d’appeler un chat un chat.

Quand c’est le temps d’attaquer les vaches sacrées de la go-gauche, il ne met pas de gants blancs et ne marche pas sur la pointe des pieds.

Il fonce tête baissée, en disant clairement ce qu’il pense. 

Et tant pis si les petits lapins se roulent en boule dans un coin. 

Dans son livre Rebâtir le camp du Oui, PSPP passe le multiculturalisme et le communautarisme dans le tordeur.

« Toute évocation d’un “nous” québécois est désormais l’occasion de traiter les nationalistes de racistes. C’est ainsi que, récemment, plusieurs militants dits antiracistes ont qualifié la loi 101 et la loi 21 de racistes.

Pendant ce temps, un humoriste encourage à voter pour Dominique Anglade sur une base raciale, simplement parce qu’il est noir et qu’il faut encourager les membres “de sa communauté” et on lance une application pour inciter les Noirs à acheter dans des commerces tenus par des Noirs... 

Si les Québécois proposent une identité nationale partagée sans fondement racial, c’est raciste, mais si une “communauté” encourage la discrimination sur la base de la race, ça, c’est de l’inclusion. »

Ayoye !

C’est ce qu’on appelle « ne pas mâcher ses mots ».

Vous en connaissez beaucoup, des chefs de parti qui parlent aussi franchement ?

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LE « VOTE ETHNIQUE »

PSPP n’y va pas par quatre chemins.

Toujours dans son livre, il dit qu’à son avis, « les dérives idéologiques de l’extrême gauche posent un risque réel pour la paix sociale. 

Il faut rejeter la validité du concept de race et mettre de l’avant le collectif. » 

Alors que la plupart des péquistes ont passé les 25 dernières années à faire des triples saltos arrière pour faire oublier la fameuse phrase de Jacques Parizeau sur « le vote ethnique », PSPP, lui, ne s’excuse pas et prend le taureau par les cornes.

« Les minorités culturelles du Québec votent massivement pour le PLQ et le PLC, beau temps, mauvais temps », écrit-il. 

C’est ce qu’on appelle « ne pas tourner autour du pot » !

Le nouveau chef du PQ ne renie pas le fait qu’il y ait du racisme au Québec (comme dans toutes les sociétés du monde), mais il rejette totalement le concept de « racisme systémique » que certains militants et certains chroniqueurs bien-pensants tentent de nous enfoncer dans la gorge afin de mieux discréditer la loi 101 et la loi 21. 

« Le racisme est accentué par le modèle multiculturaliste », dit-il. 

CONTRE LES SAFE SPACES

PSPP a aussi – comme l’historien Frédéric Bastien – farouchement défendu la liberté d’expression dans les universités. 

« Lorsque le sentiment d’inconfort de certaines personnes devient plus important que la libre circulation et la libre expression d’idées », ça devient dangereux, a-t-il dit dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.

Selon lui, les universités doivent lutter bec et ongles contre l’intimidation et s’assurer qu’aucune œuvre, même controversée, ne sera censurée ou mise à l’index.

Le chef PSPP sera-t-il aussi franc et aussi direct que le candidat PSPP ?

Je l’espère.

Car, comme plusieurs Québécois, j’en ai ras le bol des politiciens qui plient les genoux devant les curés de la rectitude politique.