/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Réveillez-vous !!!

Coup d'oeil sur cet article

« Certaines personnes dans les médias offusquées de la censure dans les universités devraient effacer leurs tweets où ils justifiaient l’annulation de SLĀV il y a deux ans... »

Voilà ce que Martin Petit a écrit hier midi sur Twitter. Il a bien raison.

C’est assez rigolo de voir autant de gens dénoncer la censure dont est victime une professeur de l’université d’Ottawa... alors que ça fait des années qu’on voit des cas de censure dans les arts.

Il était à peu près temps que ces gens qui viennent de découvrir que la censure existe se réveillent.

BOYCOTT, CENSURE, ANNULATION

Vous avez sûrement entendu parler de cette histoire hallucinante, révélée par La Presse, d’une prof d’Ottawa qui a utilisé le mot « nigger » dans sa classe, pour expliquer à ses étudiants que des minorités s’approprient parfois un mot dérogatoire à leur endroit.

Comme les LGBT se sont approprié le mot « queer » et les handicapés, le mot « crip ».

Cette prof a été l’objet d’une cabale de certains étudiants et la direction n’a rien fait pour la protéger.

Les bien-pensants ont poussé des cris d’indignation. Mais je me demande où ils étaient en 2017, quand une conférence à laquelle devait participer mon collègue et ami Mathieu Bock-Côté a été annulée à l’UQAM, à la suite de pressions d’une association étudiante.

Je trouve Martin Petit bien courageux de prendre position comme il le fait. Le milieu artistique est tellement consensuel, tellement frileux.

C’est rempli de cas de délire, de dérapage, de censure et d’auto censure dans le milieu artistique.

Quand un épicier retire une pub avec Martin Matte parce qu’il a peur de se faire traiter de grossophobe. Ou quand Louis-Jean Cormier s’excuse d’avoir osé remettre en question la parité dans les festivals de musique.

L’AUTO-BOYCOTT !

Vous en voulez un autre bon exemple de délire ?

Au début d’octobre, un auteur canadien a lancé une campagne de boycott... contre son propre livre !

Adam Pottle de la Colombie-Britannique, qui est sourd, a écrit un livre pour enfants pour montrer que les bambins avec des handicaps peuvent avoir des vies fabuleuses.

Sauf que les illustrations choisies par sa maison d’édition montrent une jeune fille en fauteuil roulant qui porte un kimono, a deux chignons sur la tête et fait des arts martiaux.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Parce qu’il considère que cette illustration perpétue les « stéréotypes sur la communauté asiatique » et qu’elle est « raciste », l’auteur demande qu’on n’achète pas son livre. Des libraires canadiens ont déjà retiré le livre de leurs tablettes.

On nage en plein délire ! Les images ne montrent pas la petite fille ayant un comportement déplacé. Elle porte juste un kimono !

Quand j’ai lu sur cette histoire surréaliste, un détail m’a particulièrement renversée.

Monsieur Pott a voulu s’assurer que ses craintes sur le racisme des illustrations étaient bien fondées. Alors il a consulté un « sensitivity reader », une personne dont le métier consiste à relire les manuscrits pour s’assurer que le bouquin ne heurte aucune sensibilité.

On en est rendu là.

Que vous soyez prof à l’université, animateur à la télé ou artiste, vous devez consulter la Police de la pensée pour savoir quels sont les mots maintenant autorisés...