/misc
Navigation

Un Texas démocrate?

Un Texas démocrate?
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Le point d’interrogation à la fin du titre de mon billet de ce matin est très important. Vous m’auriez posé cette question il y a deux, quatre ou huit ans, et je vous aurais rapidement répondu qu’un tel résultat est impossible.

Si je peine encore à me convaincre de la possibilité d’une victoire de Joe Biden dans ce bastion républicain, je ne peux cependant plus balayer cette possibilité du revers de la main.

Déjà, pendant la dernière année, j’ai publié deux billets sur les inquiétudes de plusieurs républicains de cet État, le deuxième plus peuplé, qui rapportera 38 grands électeurs à celui qui y obtiendra le plus de votes. Vous pouvez d’ailleurs consulter ces billets du 4 novembre et du 6 novembre 2019 ici et ici.

Depuis de nombreuses années, les analystes observent les tendances démographiques et avancent que le Parti républicain devra éventuellement s’adapter à une importante croissance des minorités dans les centres urbains de plusieurs villes du Sud. La formation politique ne pourra bientôt plus étirer le vote des Blancs pour espérer maintenir son avantage.

Non seulement des républicains du Texas sont inquiets — le plus éloquent d’entre eux étant probablement William Hurd (le seul représentant noir républicain) —, mais bien des démocrates texans piaffaient d’impatience en constatant la timidité des efforts de la machine démocrate pour favoriser l’élection de Joe Biden dans leur État. Leur appel a été entendu.

Outre l’évolution démographique et l’importance accrue des centres urbains, les démocrates comptent aussi sur un allié de taille dans le combat pour le «Lone Star State»: Donald Trump lui-même. Le vote des hispanophones n’est pas entièrement acquis aux démocrates et plusieurs se tournaient encore vers les républicains il y a peu. 

Mais comme le rappelait le représentant Hurd en novembre, ils ont besoin d’être écoutés et respectés. La rhétorique de Trump, particulièrement ses envolées controversées à caractère raciste, misogyne ou homophobe, les rebute tout particulièrement. Ai-je réellement besoin de revenir sur sa gestion de l’immigration et des dreamers?

Depuis des mois, les multiples sondages pointent vers un résultat serré. Si Biden a déjà figuré au premier rang, depuis septembre c’est le président Trump qui bénéficie régulièrement d’un avantage de trois à quatre points. 

Je continue de croire qu’encore une fois le Texas penchera du côté républicain, mais le simple fait de s’y intéresser me semble un indicateur important des difficultés de la campagne Trump. Au-delà de la présente élection, cette situation démontre également la nécessité pour les républicains de revoir leur stratégie.

Si les démocrates tardent encore à rejoindre les zones rurales de manière efficace ou encore à gagner la confiance d’une part importante de l’électorat masculin blanc (on semble faire mieux, cette fois), le Parti républicain devra s’ajuster rapidement à une démographie en constante évolution. Il ne s’agit pas d’un problème récent, mais un changement de cap s’impose plus que jamais.