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Vivement la fin octobre

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Le 50e anniversaire de la crise d’Octobre n’en finit plus. On assiste à une surenchère médiatique alimentée par des acteurs et des témoins de cette sombre période de violence politique.

Inévitablement, l’on assiste à une théâtralisation nostalgique de l’événement mise sur pied par des militants et des journalistes septuagénaires incapables de ne pas tomber dans la mystification de leurs 20 ans.

Une seule femme, Louise Lanctôt, membre de la cellule Libération, qui a kidnappé Richard Cross, échappe à ce concert de louanges sous couvert d’objectivité historique et professionnelle. La sorcière du FLQ, comme elle se désigne elle-même, est la seule à démystifier dans une lecture critique du FLQ cette « construction révolutionnaire ». « Ça a été une suite d’échecs dont les Québécois ont été les premières victimes », a-t-elle déclaré dans l’entretien qu’elle m’a accordé pour TVA.

Complaisance

À travers la couverture de la période, on a eu affaire à des débordements obscènes concernant Pierre Laporte. La complaisance avec laquelle certains (qui n’étaient pas présents, évidemment) ont décrit les détails sordides de la mise à mort de l’ancien vice-premier ministre donne la nausée.

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Et que dire de tous ces gens qui ont choisi le camp des Rose et qui les décrivent comme des figures historiques d’une période grandiose quoique tragique de l’histoire du Québec à la dérive en 1970 ?

Il y a des felquistes qui protègent leur image de héros de cette sombre période de notre histoire. Il y a aussi des spécialistes qui réécrivent et réinterprètent les événements pour en ressortir lavés de tout soupçon de collaboration avec le mouvement FLQ. Enfin, d’autres spécialistes autoproclamés s’affichent comme les dépositaires de la « vérité ».

À vrai dire, on a le sentiment que nombre de gens ayant vécu activement les événements refusent d’admettre l’énorme gâchis de cette période plus délinquante que révolutionnaire.