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Des indécis? Vraiment?

Donald Trump et Joe Biden
Photo AFP Donald Trump et Joe Biden

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À chaque cycle électoral, vous entendez ou lisez que le vote des indécis peut être déterminant. Bien souvent, c’est le cas. Cependant, dans un contexte de polarisation et face à deux candidats diamétralement opposés, il est bien légitime de se demander s’il y a encore des Américains qui n’ont pas arrêté leur choix pour le 3 novembre. Oui, il y en a.

Selon les sondages, il y aurait encore entre 2 à 5% des électeurs qui ne savent pas encore s’ils offriront au président Trump un second mandat ou s’ils permettront à Joe Biden de réaliser un vieux rêve. Le nombre est significatif et dans certains États, il peut faire pencher la balance.

Mais qui peut bien encore hésiter? Qu’est-ce qui peut encore changer pour orienter leur réflexion? Le Boston Globe s’est penché sur ces questions dans son édition d’hier. Après avoir échangé avec des indécis, la journaliste Victoria McGrane dégage quelques explications qui ne devraient pas vous étonner.

Parmi les indécis, on retrouve des gens qui ne savent pas encore s’ils exerceront leur droit de vote. Déçus autant par les démocrates que les républicains, ils ont l’impression que les politiciens abusent de leur confiance, peu importe de quelle formation politique ils se revendiquent.

Non seulement ces électeurs ne se reconnaissent que peu ou pas dans les options qu’on présente, mais ils entretiennent de sérieux doutes sur la qualité du travail des médias et de la qualité de l’information qui leur parvient. Ils ne sont guère rassurés par tout ce qui circule sur les réseaux sociaux.

Au-delà de la déception envers la classe politique en général, des indécis expriment être peu inspirés par les deux candidats de l’élection 2020. Une électrice de l’Arizona s’explique mal qu’un pays aussi puissant et influent ne puisse faire mieux qu’un affrontement entre Donald Trump et Joe Biden.

Parmi les autres arguments dignes de mention, on souligne que le président Trump a à cœur le développement de l’économie, mais qu’il est trop centré sur sa personne. Ses compétences pour gérer les États-Unis seraient discutables, et on déplore sa gestion de la pandémie. On précise cependant que le traitement que lui réservent les médias est injuste ou abusif.

Joe Biden a droit lui aussi à sa part de reproches. On le perçoit comme un politicien de carrière, un produit de la machine de Washington. Difficile pour plusieurs de considérer qu’un politicien de Washington puisse être la solution aux problèmes d’un système sclérosé.

Je note en terminant que quelques personnes ont répondu avoir fait leur choix, mais qu’elles préfèrent ne pas le dire aux sondeurs. Les stratèges des deux campagnes seraient probablement intéressés de connaître le nombre de ces faux indécis! 

Les motifs invoqués par ceux et celles qui hésitent encore ne me semblent ni déraisonnables ni hors de l’ordinaire. On sous-estime parfois le nombre d’électeurs désabusés ou peu inspirés par ce qu’on leur offre. Comme à chaque élection, certains préféreront ne pas sortir de la maison. Les autres pourraient bien faire la différence dans deux ou trois États.