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Espoir pour le traité russo-américain New Start après le revirement de Moscou

Waving flags of USA and Russia on flagpole, on blue sky background.
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Washington et Moscou ont rapproché leurs vues mardi sur l’avenir du traité de désarmement nucléaire New Start, qui expire début 2021, avec l’offre russe d’un gel « conjoint » du nombre de têtes nucléaires qui semble rejoindre la position américaine. 

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Le ministère russe des Affaires étrangères a proposé dans un communiqué de « prolonger pour un an » le traité, se disant prêt « conjointement avec les États-Unis (...) à +geler+ sur cette période le nombre de têtes nucléaires que chacun possède ».

Ce gel ne doit s’accompagner « d’aucune autre exigence supplémentaire de la part des États-Unis » et permettrait de « gagner du temps » afin de poursuivre les consultations bilatérales sur le futur du contrôle des armements nucléaires, ajoute la diplomatie russe.

Un tel accord repousserait jusqu’à février 2022 la validité de l’accord, alors que les négociations n’ont pas abouti jusqu’ici et que la présidentielle américaine du 3 novembre pourrait rebattre les cartes, en fonction de qui sera élu, Donald Trump ou Joe Biden. 

Le négociateur américain Marshall Billingslea a proposé la semaine dernière la prolongation du traité New Start pour un an à condition que les deux pays gèlent leurs arsenaux nucléaires. Il a évoqué un « accord de principe » mais a subi la rebuffade immédiate de Moscou, jugeant ces conditions « inacceptables ».

Alors que les négociations sont dans l’impasse depuis des mois, Washington a salué mardi ce revirement et s’est dit prêt à une rencontre « immédiate » pour « finaliser un accord ».

« Nous apprécions la volonté de la Fédération de Russie de faire des progrès sur la question du contrôle des armements », a dit le département d’État américain dans un communiqué.

Le traité New Start, conclu en 2010, maintient les arsenaux des deux pays bien en deçà de leur niveau de la Guerre froide, limitant à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à 1.550 le nombre de têtes nucléaires.

La question chinoise

La disparition possible de ce dernier grand accord bilatéral régissant une partie des arsenaux des deux adversaires géopolitiques, négocié à l’époque des présidents Barak Obama et Dmitri Medvedev, laisse craindre la résurgence d’une course aux armements. La relation entre les deux géants risque aussi se déliter encore davantage dans un secteur hautement sensible.

La Russie et les États-Unis détiennent toujours, à eux deux, plus de 90% des armes nucléaires dans le monde, selon le dernier rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

Depuis des mois, Washington et Moscou négocient âprement pour trouver un terrain d’entente. Marshall Billingslea et le négociateur russe, Sergueï Riabkov, se sont encore rencontrés la semaine dernière à Helsinki, rencontre à l’issue de laquelle M. Billingslea a dit sentir que la Russie semblait prête à un compromis.

Vendredi, le président russe Vladimir Poutine a proposé de prolonger l’accord actuel pendant au moins un an mais « sans condition », une offre immédiatement balayée par les États-Unis.

Les États-Unis insistent depuis le début des négociations pour que la Chine se joigne aux discussions, soulignant que l’arsenal chinois se développe à grande vitesse. Mais Pékin, qui considère que son arsenal est encore bien inférieur à celui de Moscou ou Washington, refuse de participer à des négociations tripartites.

Washington dispose en 2020 de quelque 5.800 ogives nucléaires et Moscou de 6.375, contre 320 pour Pékin, 290 pour Paris et 215 pour Londres, selon l’institut suédois Sipri.

C’est le dernier accord nucléaire encore en vigueur après que Donald Trump en a renié trois: celui sur le nucléaire iranien, le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée et le traité Ciel ouvert (« Open Skies ») visant à vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires.