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Harcèlement fréquent dans le milieu littéraire

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Le harcèlement est généralisé dans le milieu littéraire, selon l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ).

Près du quart des 444 répondants à un sondage mené par l'UNEQ, début octobre, disent avoir subi un comportement inadéquat répétitif ou une inconduite grave. Le tiers des femmes ou des personnes issues des minorités de genre, parmi les répondants, déclarent avoir vécu une situation semblable. Dans ce sous-groupe, une personne sur sept déclare avoir subi des attouchements dans le cadre de relations professionnelles. Plus d'une sur cinq a subi de l'intimidation et une sur trois rapporte avoir été visée par des propos humiliants.

«Ça fait froid dans le dos! a écrit dans un communiqué diffusé mardi la présidente de l'UNEQ, Suzanne Aubry. Ces données doivent nous alerter sur l'ampleur d'un phénomène tenu secret trop longtemps.»

Ces abus sont en partie le résultat d’un déséquilibre dans les rapports de force au sein du milieu littéraire, selon l’UNEQ. D’ailleurs, 59% des personnes qui en ont été victimes disent ne pas avoir tenté de parler à l'un des responsables de l'entreprise ou de l'organisation littéraire, par crainte des conséquences ou parce que c'était impossible.

  • Écoutez l’entrevue avec le directeur général de l’UNEQ Laurent Dubois à QUB radio

«Il faut bien comprendre que l'absence de représentation collective pour nos artistes entraîne une loi du silence tacite dans le milieu. Comment voulez-vous exprimer une difficulté vécue quand rien ne vous protège, quand vous pouvez être placé du jour au lendemain sur une liste noire des écrivaines et écrivains qui osent parler?» a dit Laurent Dubois, directeur général de l'UNEQ.

L’Union estime que des mécanismes formels pour traiter les plaintes doivent être mis en place. Elle souligne que 88,2% des gens sondés dans son enquête sont en faveur de mesures de grief, de médiation et d'arbitrage.

«Cette situation ne peut plus durer! Il est grand temps de changer complètement de paradigme et d'instaurer un véritable dialogue social. Nous nous rassemblons, solidaires, unis, pour dénoncer, certes, mais aussi pour obtenir une justice réparatrice et une protection décente pour les autrices et les auteurs que nous représentons», a conclu Suzanne Aubry.