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Après le Royaume-Uni, la Suède bannit à son tour Huawei de son réseau 5G

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Le Royaume-Uni avait été le premier pays européen à le faire en juillet: la Suède a à son tour explicitement banni les groupes chinois Huawei et ZTE de son nouveau futur réseau télécoms 5G, invoquant la sécurité nationale au grand dam de Pékin. 

« Nous nous opposons fermement à l’abus du concept de “sécurité nationale”, à la violation des règles de marché et des principes de concurrence équitable, en l’absence de toute base factuelle ou de preuve solide », a réagi l’ambassade de Chine à Stockholm dans un communiqué. Elle a déploré « le bannissement d’entreprises chinoises sur des accusations infondées, créant des barrières artificielles à la coopération ».

Après le Royaume-Uni mi-juillet, la Suède est le deuxième pays d’Europe et le premier de l’Union européenne à explicitement bannir Huawei de la quasi-totalité de l’infrastructure nécessaire pour faire fonctionner son réseau 5G, selon un pointage réalisé par l’AFP. 

La patrie d’Ericsson, principal concurrent de Huawei dans la 5 G avec le finlandais Nokia, a pris cette décision à la suite d’un examen de son autorité de régulation des télécoms, associée à l’armée et au renseignement, visant à « garantir que l’utilisation des fréquences ne met pas en danger la sécurité de la Suède », a indiqué l’Autorité suédoise des télécoms (PTS) dans un communiqué.

Huawei, numéro un mondial du secteur, et ZTE, un autre des principaux équipementiers télécom, seront bannis de toutes les « fonctions centrales », c’est-à-dire peu ou prou l’ensemble du réseau selon l’inventaire dressé par la PTS.

« Les nouvelles installations dans les fonctions centrales (...) doivent être menées sans les fournisseurs Huawei ni ZTE », ordonne-t-elle aux opérateurs candidats aux fréquences 5 G.

Les équipement déjà installés pouvant servir à la 5 G devront être retirés d’ici au 1er janvier 2025, un délai encore plus court que celui fixé par Londres, qui a donné jusqu’à 2027.

Washington à la manœuvre

Les États-Unis sont le chef de file de la campagne contre Huawei, avec le spectaculaire bannissement du groupe chinois par le président américain Donald Trump en mai 2019. Washington, qui n’a plus d’équipementier télécom d’ampleur dans les réseaux mobiles, encourage depuis ouvertement ses partenaires européens à faire de même, sur fond de bras de fer avec la Chine.

Les services de renseignement américains craignent avant tout que Huawei ne permette aux autorités chinoises d’utiliser ses équipements pour surveiller les communications et trafics de données. Huawei assure qu’il refuserait toute demande de ce type émanant du renseignement chinois.

Le Japon et l’Australie, deux proches alliés des États-Unis qui ambitionnent un axe « indopacifique » pour contrer les ambitions chinoises, ont suivi le mouvement américain.

Les positions européennes restent largement divergentes et les préconisations prises par Bruxelles, qui a donné un feu vert sous conditions, sont non contraignantes.

La France, sans l’avoir exprimé publiquement, a en fait banni l’utilisation d’équipements Huawei pour la 5G dans les « zones très denses », soit toutes les grandes agglomérations françaises, selon l’opérateur Bouygues. Les périodes d’utilisation des équipements seront également limitées à huit ans.

Sans explicitement viser Huawei, la Slovénie et la Roumanie ont notamment pris des mesures facilitant sa mise à l’écart des appels d’offres.

D’autres pays européens, comme l’Espagne, la Pologne ou la Grèce, prévoient eux en revanche que les opérateurs puissent utiliser les équipements de Huawei.

Le bannissement a été annoncé à l’occasion de la sélection pour un appel d’offres pour des nouvelles fréquences 5G (2,3 et 3,5 gigahertz). Quatre groupes ont été retenus: l’ex-opérateur historique Telia, ainsi que Hi3G Access (plus connu sous sa marque commerciale « 3 »), Net4Mobility (Telenor/Tele2), et le distributeur audiovisuel Teracom. Les enchères doivent débuter le 10 novembre.