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Les «sit-in» se multiplient à l’hôpital de Gatineau

Les «sit-in» se multiplient à l’hôpital de Gatineau
Capture d'écran, Google Maps

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Les sit-in d’infirmières exaspérées par la continuelle surcharge de travail se multiplient à un rythme marqué à l’hôpital de Gatineau avec une dizaine de ces manifestations pacifiques tenues ces deux derniers mois. 

L’urgence, où un sit-in a eu lieu lundi après-midi, est la plus durement frappée par ce manque de personnel. Le taux d’occupation affichait 178 % au moment où les infirmières ont manifesté, si bien qu’il n’y avait plus de «place physique» pour accueillir d’autres patients. Près d’une vingtaine de personnes étaient d’ailleurs en attente d’être transférées dans une chambre aux étages depuis plus de 48 heures.

Selon l’équipe en place, il manquait au moins trois employés pour assurer les soins minimaux. Certaines ambulances ont même dû être détournées vers d’autres établissements.

«Les infirmières en ont ras le pompon à force de se faire demander et redemander d’accepter des heures supplémentaires, voire de se les voir imposées en les rendant obligatoires», rapporte Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais.

Absentéisme

D’autres secteurs, comme ceux des chirurgies et de la médecine, sont également touchés par ces débordements et cet essoufflement des travailleurs. Certains affichent un niveau de 50 % d’absentéisme en raison de postes vacants, d’invalidités ou de congés divers.

«Quand on a une seule infirmière officiellement qualifiée pour 31 patients, il est impossible d’offrir des soins adéquats et sécuritaires. Pourquoi faut-il toujours lancer un appel à l’aide pour que l’employeur trouve une solution?» s’interroge M. Guay.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) admet qu’il y a effectivement un enjeu de main-d'œuvre à l'hôpital de Gatineau.

«Nous travaillons à mettre en place des solutions afin de soutenir les équipes lorsque du personnel est manquant», a indiqué une de ses porte-parole, Marie-Pier Després.

La situation pourrait s’envenimer au cours des prochains jours, alors que la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) serait sur le point d’annoncer que ses membres refuseront toute charge supplémentaire cette fin de semaine.