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Trottinettes et gyroroues de plus en plus populaires

Trottinettes et gyroroues de plus en plus populaires
Joël Lemay / Agence QMI

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De plus en plus de Montréalais décident de se procurer des trottinettes et gyroroues électriques, des petits bolides qui peuvent atteindre une vitesse de plus de 30 km/h.

Depuis l’été dernier, le Lavallois Éric Boissonneault combine le métro et la gyroroue pour se rendre à son travail au centre-ville de Montréal.

Ce petit appareil est composé d’une seule roue, de deux marchepieds escamotables et d’une batterie rechargeable. L’utilisateur monte et n’a qu’à se pencher vers l’avant pour que le véhicule avance.

Grâce à celui-ci, M. Boissonneault n’a plus à attendre l’autobus et à composer avec ses retards. «Un grand avantage, c'est le minimum d'effort à faire pour se rendre à destination, comparativement à un vélo, qui prend aussi beaucoup plus de place dans le wagon de métro», ajoute celui qui rappelle que les vélos sont interdits dans le métro aux heures de pointe, contrairement à la gyroroue.

Trottinettes électriques

L'arrivée des trottinettes électriques en libre-service des opérateurs Lime et Bird à Montréal l'été dernier a aussi permis aux gens de se familiariser avec ces appareils, ce qui s’est ensuite reflété dans les ventes, explique Guillaume Hergat, cofondateur de la boutique web montréalaise de vente de trottinettes et de gyroroues, Noaio Shop.

«Les gens ont pu l'essayer et s'en sont procuré ensuite», note-t-il.

Éric Boissonneault sur sa gyroroue dans le cadre d'un reportage sur ces bolides électriques, à Laval, jeudi le 15 octobre 2020.
Joël Lemay / Agence QMI
Éric Boissonneault sur sa gyroroue dans le cadre d'un reportage sur ces bolides électriques, à Laval, jeudi le 15 octobre 2020.

L'homme d'affaires d’origine française estime que le coût élevé d'entretien d'une voiture et la conscientisation de la population à l'égard des enjeux environnementaux sont d'autres facteurs qui incitent les gens à se procurer ces bolides.

Cette offre de micromobilité est d'autant plus attrayante en raison de son prix abordable et sa simplicité à manœuvrer par opposition à une gyroroue. Pour environ 700 $, il est possible de se procurer une trottinette électrique qui peut atteindre une vitesse de 40 kilomètres/heures. De son côté, la gyroroue nécessite plusieurs heures de pratique et coûte entre 800 $ et 4000 $ en fonction de la vitesse et l’autonomie de batterie des modèles.

Aghiles Ladj, livreur pour DoorDash, a par exemple décidé de troquer son vélo pour une trottinette électrique en juin. Il ne regrette pas son choix. «Je fais plus de livraison et je me fatigue moins qu'avant», explique le jeune homme rencontré au centre-ville de Montréal.

Manque d'encadrement

Contrairement à plusieurs pays, le Québec n'a toujours pas légiféré sur l'utilisation de trottinettes et autres petits appareils électriques sur les voies publiques.

Une trottinette électrique en libre-service de la compagnie Lime, à Montréal, mercredi le 14 août 2019. Sur cette photo: Un homme fait de la trottinette sur le boulevard Maisonneuve près de St-Dominique.
Joël Lemay / Agence QMI
Une trottinette électrique en libre-service de la compagnie Lime, à Montréal, mercredi le 14 août 2019. Sur cette photo: Un homme fait de la trottinette sur le boulevard Maisonneuve près de St-Dominique.

Les règles peuvent donc changer selon les villes. À Montréal, par exemple, il est interdit de circuler une piste cyclable autrement qu’à bicyclette conventionnelle ou électrique, en patins à roues alignées, en planche à roulettes, en fauteuil roulant motorisé ou non, en triporteur ou en quadriporteur.

Les utilisateurs interrogés estiment toutefois que les policiers sont nombreux à tolérer les petits véhicules électriques sur les pistes.

La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a lancé un projet pilote d'utilisation des trottinettes électriques sur certains chemins publics. Jusqu'en 2021, ceux qui souhaitent en faire l'utilisation sur la voie publique doivent entre autres suivre une formation sur la conduite d’un tel véhicule et avoir une attestation valide en main.


Bird et Lime déterminés à revenir à Montréal  


Déterminés à ramener leurs services de trottinettes électriques en libre-service à Montréal l'an prochain, les opérateurs Bird Canada et Lime envisagent d’embaucher une compagnie pour assurer le respect des règles de stationnement par leurs usagers.

Rappelons que les trottinettes en libre-service avaient été autorisées à l’été 2019 dans les rues de Montréal, mais que le non-respect des règles de stationnement par les utilisateurs avait poussé la Ville à les interdire sur son territoire en 2020.

Une trottinette électrique en libre-service de la compagnie Lime, à Montréal, mercredi le 14 août 2019. Sur cette photo: Une trottinette stationnée sur le boulevard Saint-Laurent près de Maisonneuve.
Joël Lemay / Agence QMI
Une trottinette électrique en libre-service de la compagnie Lime, à Montréal, mercredi le 14 août 2019. Sur cette photo: Une trottinette stationnée sur le boulevard Saint-Laurent près de Maisonneuve.

Dans leurs discussions avec la Ville de Montréal, Bird et Lime proposent de payer eux-mêmes une entreprise qui aurait le mandat de localiser les trottinettes mal stationnées dans la métropole et d'en aviser l'opérateur.

Ces derniers pourraient ainsi imposer une amende aux usagers en infraction, a appris le 24 Heures.

Bird Canada propose aussi d’intégrer un système de cadenas à ses trottinettes afin que les usagers puissent attacher celles-ci aux infrastructures municipales.

La Ville n'a toujours pas déterminé si les trottinettes pourraient revenir en 2021.

Selon un sondage CROP réalisé pour Bird Canada à la fin août, 59 % des Montréalais espèrent le retour des trottinettes électriques en libre-service à Montréal l'an prochain.