/news/politics
Navigation

Un maire qui ne veut pas communiquer par courriel

Michel Lafontaine, maire de Saint-Norbert
Photo Courtoisie, Municipalité de Saint-Norbert Michel Lafontaine, maire de Saint-Norbert

Coup d'oeil sur cet article

Des élus d’une municipalité de Lanaudière tentent de se débarrasser de leur maire qui ne veut pas communiquer par courriel en plus de partir à la chasse pendant plusieurs jours sans prévenir personne à l’hôtel de ville.

Les six conseillers municipaux de la municipalité de Saint-Norbert ont adopté une motion de blâme et de non-confiance qui demande la démission du maire Michel Lafontaine.

«Il n’est pas capable d’utiliser une boîte de courriels, c’est sa femme qui se sert de son ordinateur, a affirmé en entrevue Stéphane Funaro, conseiller municipal et maire suppléant de Saint-Norbert. Elle a donc accès à des documents confidentiels.»

La motion du conseil municipal ajoute que le maire refuse de suivre une formation pour l’utilisation du courriel.

«Il était aussi «disparu» durant une semaine en septembre, alors qu’il y avait un contrat de déneigement à signer, a ajouté M. Funaro. C’est un voisin qui nous a dit qu’il était parti à la chasse.»

La motion du conseil municipal mentionne aussi que Michel Lafontaine «ne vient plus travailler au bureau municipal depuis le 4 février 2020, bien avant le confinement lié à la pandémie de COVID-19».

Il est aussi écrit que M. Lafontaine «mentionnait que le confinement l’empêchait de venir au bureau alors qu’il effectuait ouvertement des déplacements non essentiels à la vue de tous».

Michel Lafontaine avoue de son côté ne pas avoir appris à maîtriser un clavier d’ordinateur. «Je suis passé date là-dedans, j’ai 75 ans, justifie-t-il. Mais c’est moi qui s’occupais de lire et de vérifier les courriels.»

Michel Lafontaine, maire de Saint-Norbert
Photo Courtoisie, Municipalité de Saint-Norbert

Il a aussi admis qu’il est allé à la chasse durant trois jours sans prévenir. «J’aurais pu les appeler, mais je n’y ai pas pensé, a-t-il expliqué. J’ai le droit de prendre des vacances.»

Il est aussi reproché à M. Lafontaine d’avoir fait des pressions indues sur la directrice générale Caroline Roberge, afin qu’elle démissionne de son poste.

«Il m’a dit qu’il n’avait plus du tout confiance en moi et qu’il voulait que je parte, nous a raconté Mme Roberge, se rappelant que l’événement s’est passé le 4 février dernier. Il m’a dit que j’allais frapper un mur.»

M. Funaro a de son côté mentionné que des amis du maire sont venus poser des questions pièges à la directrice générale en séance de conseil. La motion du conseil fait aussi état de cela.

«Il y a eu un cas où un citoyen est arrivé avec des informations confidentielles qui venaient assurément du maire», a affirmé M. Funaro.

«J’ai dit à la directrice que je ne lui faisais plus confiance, elle s’est tournée de bord depuis que M. Funaro est entré en fonction», soutient le maire pour se défendre. Stéphane Funaro a été élu lors d’une élection partielle à l’automne 2019.

La directrice générale nous a également dit que M. Lafontaine n’était pas présent lors des deux premiers mois de la pandémie en mars et avril.

«J’ai géré la COVID avec M. Funaro et le conseil parce que le maire était parti bûcher du bois pendant deux mois, a-t-elle affirmé. On était en mesures d’urgence, je recevais des courriels du gouvernement deux, trois fois par jour, c’était l’enfer!»

Michel Lafontaine a dit qu’il est effectivement «allé faire son bois de chauffage» sur sa terre à bois à Saint-Norbert.

«Mon cellulaire est toujours accroché après moi, s’est-il défendu. Un petit village comme chez nous, ce n’est pas difficile à gérer.»

M. Lafontaine compte rester en poste malgré la motion du conseil municipal.

«Je vais finir mes 11 mois, je travaille pour les citoyens», a-t-il affirmé.

M. Lafontaine a également l’intention de se prendre un avocat, car le conseil municipal a déposé une plainte à la Commission municipale du Québec contre lui.