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Bagarres: Enrico Ciccone est confiant

Il a déposé son projet de loi visant l’interdiction des bagarres dans le hockey, mercredi

Periode des questions
Photo d'archives Le député Enrico Ciccone a confiance que le gouvernement de la CAQ l’appuiera dans son projet de loi.

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Le député libéral Enrico Ciccone a officiellement déposé le projet de loi 692, mercredi, visant à « interdire les batailles dans les activités sportives auxquelles des personnes de moins de 18 ans participent », avec la conviction qu’il ferait du chemin. « Quand le président annonce ce projet de loi et m’invite à me lever et que je vois des collègues de la CAQ me faire des thumbs up de l’autre côté, c’est très, très encourageant », a-t-il mentionné.

Tel qu’il l’expliquait dans ces pages mercredi, Ciccone espère enrayer une fois pour toutes les bagarres dans le hockey.

Le projet de loi déposé mercredi par le porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, loisirs et saines habitudes de vie stipule non seulement que les bagarres sont interdites dans les sports auxquels des mineurs participent, mais que tout sportif qui contrevient à ce règlement est « expulsé de l’activité à laquelle il participe lorsque la bataille survient. Les règlements de sécurité d’une fédération d’organismes sportifs ou d’un organisme sportif non affilié à une fédération doivent prévoir les sanctions applicables en cas de récidive ».

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POUR DEAN BERGERON

L’ancien joueur de la LNH qui est aujourd’hui politicien assure avoir eu l’appui, non seulement de quelques adversaires politiques, mais de nombreux intervenants du monde du hockey. Ciccone a aussi eu une conversation avec son ancien coéquipier avec les Cataractes de Shawinigan, Dean Bergeron. Ce dernier a perdu l’usage de ses jambes après s’être écroulé lors d’un combat dans un match simulé du camp d’entraînement de 1987.

« Je lui ai dit qu’il y avait un peu de lui là-dedans. J’ai traîné cette image pendant plus de 30 ans et je me souviens encore du son que ça a fait quand il est tombé sur la tête », a mentionné le député de Marquette.

LA LHJMQ VISÉE

Si le projet de loi parle « des sports », il est évident qu’il vise principalement le hockey et encore plus la Ligue de hockey junior majeur du Québec qui a imposé des règles plus strictes récemment en cas de bagarres, mais qui n’expulse pas automatiquement un joueur qui jette les gants.

M. Ciccone ne s’en est pas caché, mercredi.

« Ça va faire du chemin dans la société. Ça va faire avancer les choses. Ce que je fais, c’est vraiment en dernier recours. Quand tu es obligé de déposer un projet de loi, c’est que l’industrie elle-même n’a pas eu cette volonté-là. Pour moi, l’important n’est pas le processus, mais le résultat. »

Du côté de la LHJMQ, on dit avoir pris connaissance du projet de loi 692. 

Tenant à spécifier que les bagarres sont déjà interdites dans la LHJMQ, à la suite des mesures adoptées en septembre dernier, le porte-parole du circuit Maxime Blouin a confirmé qu’il était déjà dans les plans de la ligue d’explorer des sanctions encore plus sévères en matière de bagarres, avant même que M. Ciccone ne dépose son projet à l’Assemblée nationale, mercredi.

« Si on voulait que les équipes qui étaient sceptiques adhèrent, il fallait faire un premier pas en septembre, ce que nous avons fait. Maintenant, nous avons l’intention de faire d’autres pas dans les prochains mois afin d’arriver en février prochain avec une autre proposition », a-t-il révélé. 

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Isabelle Charest prône le dialogue  

Se disant heureuse que le député de Marquette Enrico Ciccone partage ses préoccupations en matière de sécurité dans le sport, la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, estime que c’est en continuant le dialogue avec les autorités concernées que le dossier des bagarres continuera d’avancer.

Dans un point de presse, Ciccone a mentionné vouloir travailler conjointement avec la ministre responsable des sports.

« Je le dis ouvertement, je veux travailler avec elle. Je veux annoncer l’adoption de ce projet avec la ministre et mes collègues. J’ai toujours pensé que le sport, ça se faisait en équipe et qu’il faut garder la politique très, très loin de tout ça. Je pense qu’on peut le faire. »

À la lumière des réponses fournies au Journal par son attachée de presse Alice Bergeron, mercredi, Isabelle Charest n’estime pas qu’une loi soit la solution pour l’instant. 

« Jusqu’à présent, elle a préféré mettre de l’avant une approche basée sur la discussion, afin que les changements viennent du milieu lui-même, plutôt que d’imposer, à l’aide d’une éventuelle loi, des mesures auxquelles l’adhésion n’est pas garantie », nous a mentionné Mme Bergeron. « Après plusieurs mois de négociations, elle a réussi à obtenir que la LHJMQ fasse des changements réglementaires substantiels afin d’encadrer plus sévèrement les bagarres. Notre approche en est une collaborative et de discussion, et jusqu’à présent, les intervenants du milieu du sport sont mobilisés et les résultats sont au rendez-vous. »

DIALOGUE

Isabelle Charest partage l’opinion de Ciccone sur le fait que les mesures adoptées par la LHJMQ pourraient être encore plus sévères. Rappelons qu’à la suite de menaces du retrait d’aide financière, l’Assemblée des membres du circuit Courteau a voté majoritairement en faveur de mesures plus strictes lors de combats, soit l’imposition d’une pénalité de dix minutes s’ajoutant aux cinq déjà prévues et d’une suspension automatique dès qu’un joueur atteint le cap des trois bagarres dans une saison.

« La ministre souhaite un changement de culture dans le sport afin que la violence ne soit plus tolérée, surtout chez les jeunes. Les changements proposés par la Ligue sont une bonne première étape, mais la ministre souhaite que la Ligue pose des gestes supplémentaires », a ajouté son attachée de presse.