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Les appels de détresse plus nombreux et plus intenses

La pandémie de COVID-19 provoque une augmentation du temps d’attente

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Marie Deslauriers, âgée de 69 ans, est bénévole chez Tel-Aide depuis huit ans et jamais elle n’a entendu autant de gens pleurer au bout du fil. La deuxième vague de COVID-19 fait ressentir davantage d’anxiété cet automne, selon elle.

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Les lignes de soutien en santé mentale sont submergées d’appels de Québécois anxieux ou déprimés après plus de sept mois à affronter la pandémie de COVID-19.

« La deuxième vague, je trouve ça encore pire. L’anxiété est plus grande, les gens ne savent pas ce qui les attend [...] Il y a beaucoup de monde qui pleure, les gens souffrent », déclare la gorge nouée Marie Deslauriers, bénévole chez Tel-Aide.

L’organisme croule sous les appels, en hausse d’environ 25 %. Et ses bénévoles essoufflés n’arrivent pas à répondre à tous, se désole la présidente, France Wagner, qui est d’ailleurs à la recherche d’écoutants.

Non seulement les appels sont plus nombreux, mais l’intensité de la détresse exprimée au bout du fil augmente aussi. Les appels durent ainsi plus longtemps.

Hausse de 260 %

Jonathan Brazeau a quant à lui dû tripler les formations offertes aux bénévoles d’Écoute Entraide. Et il craint que l’arrivée de l’hiver exacerbe la déprime, puisque les mois de novembre, décembre et janvier sont habituellement les plus chargés.

La ligne Info-Social 811 ne dérougit pas non plus. Elle a reçu plus de 6700 appels du 13 septembre au 10 octobre, soit une hausse de 260 % par rapport à l’an dernier.

Plus d’attente

Une telle augmentation prolonge inévitablement le temps d’attente avant d’obtenir une réponse, alors que deux appels sur trois sont liés à la pandémie.

L’un des plus importants fournisseurs de programmes d’aide aux employés (PAE), Morneau Shepell, vit lui aussi un automne beaucoup plus occupé.

« Le type d’appels a changé, les gens nous joignent en plus grande détresse. L’intensité, le niveau de stress, d’anxiété a augmenté », explique le directeur clinique Bernard Blais. 

Une déprime saisonnière exacerbée 

La deuxième vague de COVID-19 et ses restrictions coïncident avec l’arrivée de l’hiver, créant un cocktail propice à une plus grande détresse, s’inquiètent des psychologues.

« On demande beaucoup aux gens, et c’est correct, mais il faut qu’on leur donne des outils pour avoir accès à des services gratuits et rapidement », tranche la Dre Georgia Vrakas, psychologue et professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Elle déplore l’attente de 6 à 24 mois pour consulter un psychologue dans le réseau public et suggère au gouvernement de rembourser à court terme les séances de psychothérapie au privé.

La présidente de l’Ordre des psychologues, la Dre Christine Grou, ajoute que les Québécois sont actuellement privés de leurs exutoires, comme les cinémas, les restaurants ou les salles de conditionnement physique.

Conseils

Elle leur conseille de se trouver au moins une activité qui leur procure du bonheur, que ce soit de regarder une série télévisée, de préparer un souper, de jouer à un jeu de société ou de plonger dans un livre ou un bain.

La Dre Marie-France Marin suggère à son tour la luminothérapie ou une marche quotidienne de 30 minutes.

Car même par une journée grise, la lumière du jour fait du bien, dit-elle.

Il ne faut pas négliger le soutien social également, par exemple d’organiser des 5 à 7 virtuels.

Enfin, prendre de profondes respirations permet de calmer les signaux de stress que reçoit le cerveau, ajoute la Dre Marin. 

Si vous avez besoin d’aide 

Ligne québécoise de prévention du suicide

www.aqps.info | 1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, J’écoute

www.jeunessejecoute.ca | 1-800-668-6868

Tel-Jeunes

www.teljeunes.com | 1-800-263-2266

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.