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4 questions pour comprendre le PIB

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En période d'incertitude économique, le produit intérieur brut (PIB) subit des turbulences comme jamais. L’indicateur économique fait invariablement les manchettes quand on entend parler de croissance ou de récession.

Le contexte de pandémie en est le parfait exemple. Après la progression de mai à juillet qui a permis de rattraper une partie de sa baisse historique au printemps, il est à parier que le resserrement des mesures de confinement viendra mêler les cartes à nouveau.  

Vous ne savez pas vous y retrouver quand on parle de PIB? Voici ce qu’il faut savoir. 

Que représente-t-il ?  

Le PIB permet de mesurer la taille et la croissance de son économie, de la même manière que le décompte de médailles obtenues aux Jeux olympiques indique la vitalité du sport amateur d’un pays. La grande majorité des gouvernements se fient à lui pour savoir si les choses vont bien.  

Il y a trois façons de le calculer :    

  • Par les revenus : on additionne les revenus des particuliers, des entreprises privées et publiques, des revenus de placement, l’augmentation de la valeur des stocks et les impôts (moins les subventions).     
  • Par les dépenses : on additionne les dépenses en biens et services des particuliers et du gouvernement, les investissements des entreprises et du gouvernement, l’augmentation du capital fixe des gouvernements et entreprises, auxquels on ajoute les exportations nettes.     
  • Par la valeur ajoutée : on soustrait la consommation intermédiaire à la valeur de la production. On ajoute ensuite tous les impôts, moins les subventions sur les produits qui ne sont pas inclus dans la valeur de la production.        

On cherche grosso modo à évaluer la production de richesse d’un pays. En théorie, sa croissance témoigne d’une saine économie. L’inverse indique qu’on se dirige peut-être vers une récession.   

En pratique, le PIB a toutefois de nombreux angles morts et se voit de plus en plus contesté.   

Pourquoi est-il critiqué?  

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Les critiques à l’égard du PIB sont nombreuses, mais en voici quelques-unes.  

Plusieurs éléments passent sous le radar, comme le bénévolat, l’économie illicite et l’autoproduction et ce, malgré la considérable quantité de données prises en compte.  

Par exemple, le jardinier amateur qui nourrit sa famille à même ses récoltes et qui offre gratuitement des paniers de légumes à son voisinage crée bel et bien de la richesse, mais sa production est ignorée par le PIB. 

L’indicateur a aussi le défaut de tout remettre sur le dos de la production et de la consommation. En laissant de côté les impacts environnementaux, les inégalités et plusieurs activités humaines qui contribuent au bien-être collectif, la croissance du PIB comme cible à atteindre est une approche avec son lot de détracteurs.   

C’est pour cette raison que certains l’opposent à d’autres indicateurs comme l’Indice de développement humain (IDH) qui tient compte de l’espérance de vie et de l’éducation d’une population. 

D’autres vont même jusqu’à réclamer des politiques de décroissance. Selon eux, viser une croissance illimitée dans un monde aux ressources limitées est un non-sens.  

Quel effet la pandémie a-t-elle eu?  

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Le PIB du Canada a connu un recul d’un peu plus de 11 % au cours du deuxième trimestre de 2020. Il s’agissait de la baisse la plus importante enregistrée depuis 1961, l’année où les données trimestrielles ont commencé à être collectées. 

Le confinement ayant ralenti ou paralysé des secteurs entiers, il était inévitable de voir la chute drastique du PIB.   

Pour donner une idée de l’impact des restrictions et des fermetures, l’industrie de l’hébergement et de la restauration, avec ses 257 495 travailleurs, représentait 2,4 % du PIB québécois en 2019. 

La croissance a repris de mai à juillet, mais l’activité économique globale est demeurée à environ 6 % sous le niveau observé avant la pandémie selon Statistiques Canada.  

Doit-on se préoccuper du PIB?  

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Les soubresauts du PIB ne devraient pas vous faire perdre trop de sommeil, mais cette instabilité économique peut quand même servir à rappeler l'importance de penser son épargne sur le long terme et de toujours prévoir un coussin de sécurité.   

Un plan d’épargne doit d’abord être construit autour de ses besoins et de ses capacités. Il doit aussi prendre en compte de la tolérance au risque et de l’horizon des placements pour se protéger des va-et-vient économiques. 

Avec la menace de la COVID-19 qui ne semble pas près de déguerpir, on peut difficilement prédire avec confiance ce qui adviendra du PIB et de la croissance au cours de la prochaine année, mais en saisissant le concept et en suivant l’actualité économique, il vous sera au moins possible d’en comprendre les impacts à court et long terme.

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