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La Belgique divisée dans la lutte contre la pandémie

La Belgique divisée dans la lutte contre la pandémie
AFP

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La Belgique s’est divisée avec la décision de Bruxelles et des cinq provinces francophones particulièrement touchées par la propagation du coronavirus d’imposer des mesures très contraignantes et, ainsi, d'aller nettement plus loin que le gouvernement fédéral, soucieux d’éviter un nouveau confinement. 

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Les autorités de la région de Bruxelles, à la suite du gouvernement wallon vendredi soir, ont durci le dispositif auquel les citoyens et les entreprises devront se soumettre pour tenter de freiner la contagion et empêcher l’effondrement du système hospitalier.

«La situation est très grave», a dit le président de la région bruxelloise de Rudi Vervoort pour expliquer, samedi, l’adoption de mesures très restrictives approuvées par les maires des 19 communes de la capitale.

À partir de lundi, le couvre-feu, instauré en Belgique de minuit à 5h, a été avancé à 22h et étendu jusqu’à 6h à Bruxelles et dans toute la Wallonie.

Le télétravail, conseillé par le gouvernement fédéral, est rendu obligatoire quand il peut être pratiqué à Bruxelles et en Wallonie et les contrôles seront renforcés.

À Bruxelles, le port du masque redevient obligatoire partout, les commerces devront fermer à 20h et il ne sera plus possible de faire ses courses en couple ou en famille.

Les musées, les églises, les salles de sport, les casinos et les agences de paris seront inaccessibles à Bruxelles, les compétitions sportives et les excursions sont interdites. 

Les écoles restent ouvertes, mais les universités vont fermer en Wallonie. La ville de Mouscron, près de la frontière avec la France, a toutefois décidé, samedi, de fermer toutes les écoles lundi jusqu’aux vacances de la Toussaint en raison des nombreuses absences d’enseignants.

Le gouvernement wallon considère que ces mesures constituent un «reconfinement partiel». Il était demandé par les experts comme un «électrochoc» nécessaire.

«On ne s’en sortira pas si ce qu’on décide aujourd’hui ne recueille pas l’adhésion de la population», a insisté Rudi Vervoort.

Les effets des mesures seront visibles dans 10/15 jours, ont estimé les officiels bruxellois.

Les autorités de la Flandre, la partie néerlandophone du royaume, également très touchée par la pandémie, notamment la région d’Anvers, restent sur les mesures décidées au niveau fédéral et la Belgique sera donc divisée à partir de lundi dans la lutte contre la pandémie.

«C’est quoi ce pays!»

Le premier ministre Alexander De Croo avait évoqué, vendredi devant la presse, «une situation de crise nationale» au vu des derniers chiffres, le seuil des 10 000 nouveaux cas quotidiens de COVID-19 ayant été franchi.

287 700 personnes ont été contaminées depuis le début de la pandémie, dont 10 658 sont mortes, selon les données fournies samedi par l’institut de santé Sciensano. Les hôpitaux comptaient, samedi, 4061 patients de la COVID-19, dont 632 en soins intensifs.

La Belgique, qui connaît une incidence moyenne d’environ 620 cas de coronavirus pour 100 000 habitants, n’est devancée au sein de l’Union européenne (UE) que par la République tchèque (668), où un reconfinement partiel a été décidé jeudi pour douze jours.

Le royaume frôlait, vendredi, les 500 hospitalisations par jour, soit un niveau jamais atteint depuis la première semaine d’avril.

Mais le premier ministre libéral flamand veut s’en tenir à la ligne fixée depuis qu’il a pris ses fonctions le 1er octobre: «éviter absolument un nouveau confinement», comme celui que les Belges ont connu de la mi-mars à la mi-mai et que l’Irlande ou le pays de Galles ont réimposé cette semaine. La récession s’annonce en effet brutale pour la Belgique avec une chute du PIB attendue de 7,3% cette année.

«Mais bon sang, c’est quoi ce pays!» s’est insurgé samedi le quotidien francophone Le Soir dans un éditorial au vitriol contre le gouvernement. 

«On va nous dire que dans tous les pays fédéraux, c’est compliqué, mais, aujourd’hui, la Belgique vient d’afficher un amateurisme coupable, au moment où les hôpitaux sont en train de s’effondrer», déplore le quotidien.

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