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«Ça nous a ouvert les yeux»

L’Armada a repris l’entraînement après avoir été touchée par une éclosion de COVID-19

SPO-JOEL BOUCHARD CONFÉRENCE DE PRESSE  Armada
Photo d’archives L’Armada de Blainville-Boisbriand a été l’équipe la plus durement touchée par la COVID-19 depuis la reprise des activités de la LHJMQ.

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S’il reconnaît que les nombreux cas de COVID-19 déclarés au sein de l’Armada de Blainville-Boisbriand leur ont «ouvert les yeux sur la contagion du virus», l’entraîneur-chef de l’équipe, Bruce Richardson, estime que l’organisation n’a rien à se reprocher dans sa gestion de la crise.

La formation de la LHJMQ a repris l’entraînement le 19 octobre dernier, soit 14 jours après que le premier cas positif eut été rendu public. Rappelons que 18 joueurs et trois membres du personnel de l'équipe avaient été touchés.

En ce moment, un total de 10 joueurs sur 24 ont reçu le feu vert pour recommencer à s’entraîner normalement, tandis que les autres sont toujours dans l’une ou l’autre des phases de retour au jeu prescrites dans le protocole de la LHJMQ en matière de COVID-19.  

«Au départ, on se sentait mal, mais après, on a réalisé que ça s’était propagé dans l’aréna au complet, autant chez les jeunes du sport-études que dans le gym. Nous étions exposés contrairement à une équipe comme les Remparts de Québec par exemple, qui sont les seuls à occuper leur aréna. Ça nous a ouvert les yeux même si on prenait toutes les précautions. [...] On est l’aréna le plus occupé au Québec et nous évoluons dans la région de Montréal, qui est la plus touchée. On savait qu’on était parmi les équipes qui avaient le plus de chances d’avoir des cas. On aurait pu mettre du Saran Wrap autour de nos joueurs, il reste que le virus est là et qu’il y a plus de 1000 cas par jour», a mentionné l’homme de hockey.  

Le Centre d’Excellence Sports Rousseau est effectivement devenu un foyer d’éclosion de COVID-19. Des entraîneurs de l’Académie de hockey Joël Bouchard et des employés de l’aréna ont aussi contracté le virus.

Au cours des dernières semaines, Le Journal a fait état de plusieurs situations qui pourraient avoir contribué à l’augmentation des infections chez l’Armada.  

Tout juste avant que le premier cas soit confirmé, un membre du personnel de l’équipe, qui démontrait des symptômes pouvant s’apparenter à ceux de la COVID-19 lors d’un match à Sherbrooke, avait été mis à l’écart par l’Armada, et l’équipe l’avait placé dans la voiture du descripteur de l’équipe pour le retour à la maison plutôt que dans l’autocar de l’équipe. Le descripteur était à son poste le lendemain sur la galerie de presse avec ses collègues des médias et, quelques jours plus tard, il apprenait, tout comme le membre du personnel, qu'il était atteint de la COVID-19. 

Richardson estime ne pas avoir manqué de prudence dans ce dossier. 

«On n’a rien à se reprocher. Dans ce cas-là, qu’est-ce qu’on aurait dû faire? Soit on le plaçait dans l’autobus avec 25 joueurs ou on le plaçait en covoiturage avec le descripteur de nos matchs. Même si on lui avait demandé de revenir en taxi, on aurait exposé quelqu’un. Pour nous, c’était la façon la plus intelligente. Il aurait fallu faire quoi? Lui demander de revenir à pied de Sherbrooke ou le placer dans la soute à bagages de l’autobus?», a-t-il rétorqué.

Pas une bulle

Le pilote de l'Armada reconnaît toutefois que tout n’est pas parfait. À ses yeux, le concept de bulle ne s’applique pas à la LHJMQ, quoi qu'on en dise.

«C’est faux de dire qu’on est dans une bulle parce que nos jeunes sont en famille de pension avec des gens qui travaillent à l’extérieur. La bulle, c’est comme ce qu’a fait la Ligue nationale de hockey», a-t-il martelé. 

Certaines idées ont circulé au cours des dernières semaines à savoir comment la LHJMQ pouvait rendre ces «bulles» plus étanches et, ainsi, permettre aux douze équipes du Québec de reprendre l'action. L'une d'elles, pensée par les Remparts de Québec, proposait de déménager les joueurs et le personnel dans un hôtel et de restreindre leurs déplacements à l'aréna seulement. Même avec ce plan, les risques demeureraient présents, soutient Richardson.

«La LNH était la seule à utiliser leur aréna. Ils étaient vraiment dans une bulle. Si on va à l'hôtel, on va diminuer les risques, mais notre aréna ne sera pas fermé. Le virus est là. Lors de la première vague, c'était concentré davantage dans les CHSLD, mais là, c'est dans la population. C'est beaucoup plus difficile à gérer.»

Tout le monde va bien

Richardson a par ailleurs assuré qu’aucun joueur contaminé n’a été durement touché par la maladie.   

«Certains ont fait de la fièvre, d’autres ont eu des maux de gorge et de la toux, et certains ont eu une perte de l’odorat et du goût pendant 48 à 72h. On touche du bois parce que ç'a bien été. Dans nos pensions, une personne a été contaminée au total. On va au moins prendre ça de positif.»  

L’équipe a renforcé ses mesures sanitaires depuis son retour à l’aréna. L’Armada dispose maintenant d’une entrée et d’un corridor unique menant au vestiaire de l’équipe, que seuls les joueurs et les membres du personnel peuvent emprunter. À leur arrivée, on leur demande de remplacer le masque qu’ils portent pour un de procédure qu’ils doivent garder jusqu’au moment où ils mettent les pieds sur la patinoire. Les entraîneurs, eux, le portent même sur la surface glacée.  

Des joueurs de l’Armada ont aussi commencé à tester l’efficacité de certains masques durant les entraînements.  

«On prend encore plus de précautions, parce que le virus est encore là», ajoute l’entraîneur.