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COVID-19: en Norvège, un tour de vis aujourd’hui pour éviter le couvre-feu demain

COVID-19: en Norvège, un tour de vis aujourd’hui pour éviter le couvre-feu demain
AFP

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Oslo | Masque quasi-généralisé à Oslo, « bulles sociales »... Plutôt épargnée par la COVID-19, la Norvège a présenté lundi une batterie de mesures pour se prémunir contre le scénario observé ailleurs en Europe où des autorités dépassées doivent envisager des réponses plus drastiques. 

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« Vous pouvez opérer de petits tours de vis maintenant (...) ou adopter des mesures vigoureuses ultérieurement », a déclaré la première ministre Erna Solberg. « Nous avons choisi la stratégie de la prudence avec de petites restrictions maintenant ».

Conséquence de son éloignement géographique, d’une faible densité de sa population et d’un respect scrupuleux des précautions sanitaires, le pays nordique de 5,7 millions d’âmes a jusqu’à présent évité le pire.

Seuls 17 908 cas de nouveau coronavirus, dont 279 mortels, y avaient été officiellement recensés lundi. Bien moins qu’ailleurs en Europe, notamment qu’en Suède, pays à la population certes deux fois plus importante, mais où le nombre de cas s’élevait vendredi à 110 594, dont 5 933 mortels.

Avec 37,7 cas de nouveau coronavirus pour 100 000 habitants au cours des deux dernières semaines, la Norvège occupe une dernière place enviable dans les statistiques du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). 

Mais, si elle est plus lente qu’ailleurs, une recrudescence récente des cas fait là aussi redouter l’arrivée d’une seconde vague comme celle qui déferle actuellement dans des pays comme la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne ou la Pologne.

La municipalité d’Oslo, qui concentre une grande partie des cas nationaux, a ouvert le bal lundi en dévoilant un arsenal d’interdictions et de recommandations. 

Déjà obligatoire dans les transports en commun où la distanciation physique n’est pas possible, le port du masque va aussi être imposé dans tous les espaces publics où il est difficile de respecter le mètre de distance.

Entre autres mesures censées entrer en vigueur jeudi, la capitale norvégienne recommande aussi de ne pas avoir de contacts sociaux avec plus de dix personnes par semaine et les bars, déjà contraints d’arrêter de servir à minuit, ne pourront plus accepter de nouveaux convives après 22H00.

Alors qu’environ 300 nouveaux cas hebdomadaires étaient décelés dans la ville de 700 000 habitants en septembre, ce nombre est passé à 425 la semaine dernière.

Sauver Noël

« Les chiffres nous disent que l’infection s’accroît aujourd’hui à Oslo bien que l’on ait les mesures les plus sévères de Norvège. Cela m’inquiète », a indiqué le maire Raymond Johansen lors d’une conférence de presse. 

« Nous mettons en place des mesures plus strictes pour garder la société la plus ouverte possible, pour que l’on ne se retrouve pas dans une situation où un couvre-feu est la seule chose qui reste dans notre boîte à outils », a-t-il fait valoir.

D’autres pays européens comme la France, l’Italie et l’Espagne ont déjà recours à de tels couvre-feux localement, et face à l’envolée des cas, l’hypothèse d’un reconfinement semble même prendre corps dans l’hexagone.

Après Oslo, le gouvernement norvégien a lui aussi annoncé un ensemble de mesures et de préconisations à l’échelle nationale: « bulles sociales » avec recommandation de limiter à cinq le nombre d’invités chez soi, durcissement des règles de quarantaine pour les travailleurs étrangers alors que le rebond enregistré est en grande partie dû à des cas « importés », notamment de Pologne.

« Nous sommes confrontés à la situation la plus délicate depuis mars pour enrayer la propagation », a souligné Mme Solberg. « Si l’on agit vigoureusement maintenant, on a beaucoup plus de chances de pouvoir fêter Noël normalement avec toute la famille ». 

Même Halloween devrait être sauvé: les enfants pourront lancer leurs « trick or treat » (« farce ou friandise ») pour peu qu’ils s’en tiennent aux « cohortes » déjà définies dans leurs crèches ou écoles.